Aimer son prochain.
Me voilà au bord de la falaise. Derrière moi, il y a toute lhumanité, les mains plaquées à mon dos pour me précipiter vers ce gouffre.
Où que mon regard se pose, je ne vois que les horreurs perpétrées. Les populations massacrées, humiliées par les bêtes au pouvoir ; les hommes, les enfants, les femmes, traitées comme du bétail sous le prétexte malsain de la couleur de leur peau, de leur culture religieuse qui nest pas le christianisme.
Et je porte à cet instant, sur mon cur trop petit, le lourd poids de la culpabilité, la responsabilité des actes de barbaries de mes ancêtres de mes voisins.
Comment, dites-moi comment, a-t-on put laisser faire cela ? Lhomme est-il le mal incarné ?
Je nen peux plus de regarder ces massacres passés et présents. Je croyais pourtant savoir la puissance des bas instincts humains.
Que faire ?
Je mécroule, honteuse, lâche
Est-il possible que je sois issue dune autre boue que ces hommes là ? Je ne peux pas croire que je partage les mêmes molécules dAdn que ces monstres dégoïsme, ces monstres tout court. Ils ne valent pas mieux quune meute de hyènes, sacharnant sur les plus faibles, se nourrissant des restes. Ecraser les plus faibles pour que les plus forts soit toujours plus fort.
Mais à quel moment, mon Dieu, nous sommes nous égarés, comment sommes nous arrivés si loin de ton Chemin ?
Seigneur, aide-moi, ne me laisse pas dans le noir. Indique-moi la voie, je ne peux plus rester les bras ballants et les yeux écarquillés !
Je veux croire quil y a encore un espoir, quelque chose à faire.
Combien dâmes sont comme moi, au bord de lasphyxie ? Combien sommes nous à vouloir que ce monde change ? Combien sommes nous à vouloir réparer les fautes de nos prédécesseurs ?
Si nous parlions tous dune même voix, peut-être pourrions nous faire un peu, pousser le mal vers les entrailles de loubli, lenfermer dans cette caverne sombre, quil nait plus aucun écho.
Sil faut renoncer à tout, je veux le faire, je dois le faire.
Jaimerais juste encore amener mes enfants jusquà la porte de lâge adulte, leur montrer les divers chemins qui mènent au Bien, quils sachent quentre leurs mains innocentes, ils portent une partie de la sagesse.
Et mon devoir maternel accompli, permet-moi aussi daccomplir mon devoir denfant de Dieu. Donne-moi la force de faire le Bien, de ne faire que le Bien, aux côtés de tous ceux qui comme moi, veulent encore croire quil est possible daller de lavant, vers la Paix et le vrai Bonheur.
Céline.20.03.03
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