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Grandeur d'âme



Ceci est une nouvelle se déroulant dans le jeu on-line Dark Age of Camelot. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un jeu de rôle, c’est-à-dire où vous jouez et animez un personnage, dans un monde persistant où jouent des milliers de joueurs.
L’action se déroule dans le royaume de Camelot, en guerre contre Midgard, patrie des vikings et des trolls, et contre Hibernia, patrie des elfes. Camelot est peuplé d’humains, chevaliers, prêtres, magiciens et j’en passe, ainsi que de créatures fantastiques et généralement hostiles.

****



Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Certains feront remonter cette histoire à la mort du Roy Arthur, d’autres à son épisode le plus connu, le duel contre le Maître-Démon. Pour ma part, je commencerai à la rencontre, un matin, sur le chemin de Mithra, entre le Paladin Mac Leod et sa sœur, la prêtresse Diandra.

- « Diandra ! Je te croyais dans les Cornouailles ! » s’exclama Mac, souriant tendrement.
- « J’en suis rentrée hier », répondu la belle jeune femme, avec un regard préoccupé pour son frère.

Celui-ci, avec son armure aux couleurs bleues et jaunes de sa guilde, avait fière allure. Pas assez fière, toutefois, pour rassurer sa sœur, qui ajouta :

- « Tu es sur le chemin de la Tombe, c’est ta destination ? »
- « Oui, ne fais donc pas cette tête inquiète, je peux y survivre sans problème, je ne suis plus un petit garçon mais un chevalier aguerris maintenant. » avec un sourire amusé, cette fois-ci. « Si ce sont ces nouveaux morts-vivants mangeur de cerveaux qui t’inquiète, ils ne sortent plutôt la nuit, je devrais être tranquille. » ajouta-t-il.
- Je n’en ai point vu. Je suppose qu’il s’agit d’une légende. Non… Ce qui m’inquiète, c’est ce petit homme que j’ai vu… À son allure très discrète, ses armes et ses fioles… je pense que c’est un assassin professionnel, un Sicaire.

Mac la regarda en haussant les sourcils.

- Et ? Quel rapport avec moi ?
- Et bien il se préparait visiblement à tendre une embuscade à quelqu’un sortant ou entrant de la Tombe. Et comme tu y vas.. je n’aimerais pas que cela soit pour toi.

Mac s’assit dans l’herbe. La journée était belle et la campagne paisible, il était difficile de croire que la mort et la violence se donnaient rendez-vous.

- Hum… Je ne vois pas pourquoi l’on voudrait m’assassiner… Pourtant… je suis mêlé, depuis peu, à des événements qui me dépassent. Cela a peut-être un rapport.

Diandra sortit de son équipement un grand tissu sombre, qu’elle posa par terre avant de s’asseoir dessus.

- Raconte-moi tout.

Mac leva les yeux, se remémorant….

- J’étais en mission avec un guerrier, mon camarade de combat McFil. Nous devions vérifier les rumeurs sur de nouveaux morts-vivant s’échappant de la Tombe de Mithra, surtout le soir, et tuant les habitants aux alentours pour manger leur cervelle. Ce n’est pas une légende.

Ce fut au tour de Diandra de lever les sourcils.

- « Nous sommes tombés sur un groupe de paysans encerclés par ces créatures. C’était terrible. Alors que le combat faisait rage, une de ces abominations avait déjà ouvert la tête d’une femme pour commencer son horrible festin. Nous nous sommes lancés dans le combat et avons commencé à les détruire. Ce fut un dur combat, McFil fut terriblement blessé et tomba inanimé. Toutefois les paysans furent courageux et le combat tourna en notre faveur. Mais alors que nous nous débarrassions du dernier, quelque chose est intervenu. De la taille d’un homme, mais plus épais, habillé de métal noir et armé d’une masse de métal noir et… la tête en feu ! »
- « Quoi ?! » s’exclama Diandra, horrifiée.
- « Oui, la tête en feu, et nous attaquant. Je sais maintenant que c’était un démon mineur. Bon, je vais passer les détails. Disons que je les paysans ont fuit, que le démon m’a surpris et que je n’ai eu la vie sauve que grâce au Seigneur Nakron, un puissant Paladin qui a fait fuir ce démon juste avant qu’il ne me tue. »
- « Ouf ! » s’exclama Diandra ! « Il faudra que je remercie ce chevalier d’avoir sauvé mon frère ! »
- « Ce qui m’a surpris, c’est que non seulement il ne tua pas ce démon, mais qu’il m’a interdit de le poursuivre. Lui-même avait plus important à faire à Mithra, a-t-il dit, et qu’au nom de l’intérêt supérieur d’Albion, je devais laisser ce démon vivant. »
- « Surprenant »…
- « Oui, d’autant que le démon était parti sur la trace des villageois. Le Paladin fit une invocation à Dieu et sortit McFil du coma et nous quitta. Moi, je décidais que je ne pouvais laisser les paysans se faire tuer et je suivais la trace du démon, laissant McFil récupérer ».

Diandra secoua la tête.

- « Toujours le même, Mac, à n’en faire qu’à ta tête quand tu penses défendre la justice… »

Mac sourit et continua.

- « Tu me connais. J’ai retrouvé le démon alors qu’il attaquait les villageois terrorisés. Ce coup, et non surpris, je l’ai tué. »
- « Bravo, tout est bien qui finit bien, alors. » sourit Diandra.
- « Heu.. pas exactement… Au moment où il s’est écroulé une silhouette de feu est apparue, de 3 mètres de haut. Cette créature avait un visage visible à travers les flammes, il me regardait avec haine et d’une voix froide me dit : « Pour avoir abattu mon lieutenant tu périras. Je te tuerai moi-même. Mais pas maintenant, je n’ai pas le temps, car je te réserve une mort très longue et douloureuse ! Pour être sûr de te retrouver, je vais te marquer de mon sceau ! ». Il tendit sa main vers moi, un rayon noir me frappa à la poitrine, j’ai perdu connaissance. »
- « Wow. Et ensuite ? »
- « Je me suis réveillé à Camelot, où les paysans m’ont amené. J’avais cette marque à la poitrine ».

Mac prit le temps de sortir sa cotte de mailles, sa protection de cuir et de soulever sa chemise de flanelle, sur sa poitrine, à l’emplacement de son cœur, était dessiné un œil noir et inquiétant. En se rhabillant, Mac ajouta :

- « L’Église m’affirme que c’est la marque du Maître-Démon, et qu’il est impossible de l’effacer. Que grâce à cela, le Maître-Démon peut effectivement me retrouver… et que je n’ai pas une chance contre lui. »
- « C’est horrible ! » s’écria Diandra. « Que peut-on faire, dis-moi !!! »
- « Et bien c’est la raison pour laquelle je vais à la Tombe de Mithra, figure-toi. Michel Sansfer le vieux scribe m’a dit que le Maître-Démon ne peut apparaître dans un royaume que si ce royaume contient la Pierre de ce démon. Que si cette Pierre est détruite, il lui est impossible de venir dans ce royaume. Et que cette Pierre est dans une salle cachée des sous-terrains de Mithra. »
- « Tu vas la détruire ? Je vais avec toi ! »
- « Elle est indestructible… sauf si l’on a été marqué par le Maître-Démon ! C’est le prix qu’il paye pour me retrouver… il met en danger sa Pierre ! »
- « Mais quel rapport avec cet Assassin ? »
- « Je ne sais pas… Mais il y a deux jours, alors que je cherchais comment trouver cette Pierre, une étrange jeune femme m’a offert beaucoup d’or pour que je détruise la Pierre ! Comme je devais le faire de toute façon, j’ai accepté et j’ai remis cet or à l’Eglise. J’ai cherché à suivre cette femme pour en savoir plus, mais elle m’a semé sans difficulté.. A croire qu’elle aussi elle fait partie des gens de l’ombre… et aujourd’hui tu me dis qu’il y a un Assassin qui peut-être m’attend…  Il y a décidément beaucoup de choses que je ne comprends pas, dans cette histoire… »

Diandra jeta un coup d’œil tout autour d’elle et posa la question :

- « Que comptes-tu faire, alors ? Si on capturait ce Sicaire et si on le faisait parler ? »
- « Si l’on y va comme cela… Il pourra toujours prétendre être là pour quelqu’un d’autre. Si cela se trouve d’ailleurs, il n’est pas là pour moi. »
- « Que proposes-tu, alors ? »
- « Je vais y aller seul. Je serais sur mes gardes, il ne pourra pas me surprendre et je peux défaire un Sicaire en combat singulier. S’il m’attaque il ne pourra nier être là pour moi… »

Diandra avait l’air contrarié.

- « Ce n’est pas prudent. C’est un assassin professionnel. Et si ses armes sont empoisonnées ? »
- « D’accord. Voilà ce que l’on fera : reste à l’orée de la forêt, compte deux minutes et suis-moi. Même s’il m’a blessé avec du poison, entre le moment où je tombe évanouit et la mort, il y a quelques minutes, j’ai déjà vu leur poison agir… Tu feras appel à Dieu pour me sortir de là…»

Malgré les réticences de Diandra, ils prirent tous les deux la direction de la tombe.

Épisode 2 : Tous pour un, un pour tous.

Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. J’ai fouillé les âmes et les mémoires, pour apprendre même les détails oubliés.

Je choisis de raconter comment Mac, Diandra, Soir et Alfania partirent sur la piste du Chevalier des Hautes Cimes.

Je ne m’étendrais pas sur l’interrogatoire auquel le Sicaire Soir fut soumis par Mac et Diandra. Il fut… rude… mais le résultat en fut étonnant. Asseyez-vous. Ah, vous êtes déjà assis ? Bien bien…

Il s’avérait que Soir était persuadé d’avoir agi pour le bien d’Albion. Mac était un traître à éliminer car il mettait en danger un projet secret vital pour le Royaume. D’ailleurs il avait reçu de l’or pour sa trahison, Soir l’avait vu de ses propres yeux quand il le surveillait.

Cela me rappelle, il y a environ quatre siècles, comment mon Maître mis à jour un complot Midgardien. Pensez à me rappeler de vous conter cette histoire, un jour.

Où en étais-je ? Ah oui… Soir avait reçu la mission d’éliminer Mac par un canal secret de la Fraternité des Ombres, qui oeuvre discrètement pour la défense d’Albion. Face à ces révélations, le paladin prit une décision qui sembla saugrenue à Diandra : il libéra Soir, se fiant à son instinct. Il expliqua qu’il n’était pas  un traître. Et que Soir n’était pas son ennemi, s’il le fallait, il irait s’expliquer devant la Fraternité elle-même ! Soir fut surpris par cette attitude et décida de donner à Mac le bénéfice du doute.

Ah, je me fais vieux… Laissez-moi m’installer plus confortablement… Pendant que Diandra allait de son coté enquêter dans les milieux cléricaux, Soir et Mac rencontrèrent l’Ombre de Camelot, le plus haut responsable de la fraternité que pouvait contacter Soir. L’assassin apprit qu’il s’était fait manipuler, nul dans la fraternité n’ayant donné l’ordre de tuer Mac. Quelqu’un connaissait suffisamment la Fraternité pour berner un Sicaire débutant comme Soir et lui fournir un puissant poison. La fraternité allait mener sa propre enquête et Soir fut désormais charger de veiller sur la vie de Mac !

Soir fut particulièrement ébranlé. Il laissa entendre que lui entre tous aurait du se méfier des apparences et des soi-disant preuves, mais quand Mac lui demanda pourquoi, il resta silencieux.

- « On dirait que tu as l’art de te fourrer dans des situations impossibles. » dit Soir, marchant d’un bon pas dans une ruelle sombre de Camelot. « Qu’est-ce qui t’a amené dans cette histoire ? » ajouta-t-il.
- « Le hasard… ou la destinée. » répondit Mac, son pas résonnant sur le pavé. « J’ai vu un bel oiseau tout bleu… Je ne savais même pas que cela existait. Je me suis approché de lui… et j’ai entendu au loin quelqu’un qui appelait à l’aide. C’était Sansfer le vieux sage, qui en quelque sorte doit la vie sauve à cet oiseau. Je le secouru de l’attaque d’un de ces mort-vivants mangeurs de cervelle. C’est comme cela que j’en vins à m’intéresser à eux et à être chargé d’une enquête. »
- Et bien espérons retrouver ce Sansfer, puisque la femme qui t’as donné l’or a été retrouvée morte par la Fraternité. »

Soir jeta un regard surpris autour de lui, il était nouveau à Camelot et mémorisait chaque tours et détours de leur chemin. De ruelles en ruelles, Mac l’amenait dans les quartiers les plus sombres de Camelot. Les quelques lanternes ne jetaient qu’une lueur diffuse et laissaient les ombres danser à leur guise.

- « Je suis surpris qu’un paladin fréquente ce quartier. Il est aussi puant que les marais où j’ai passé mon enfance !
- Je n’ai pas toujours été paladin. Je le suis devenu assez tard en fait. Et j’ai passé des années dans ce quartier, au grand désespoir de mon tuteur, un moine. Ce quartier a plu à Sansfer, puisqu’il s’est établit à l’auberge du Rat Noir. Nous y voilà ! » dit-il, avec un large mouvement du bras vers une petite porte de bois noirci, surmonté d’une enseigne minable représentant un énorme rat.

Ils poussèrent la porte et à peine entrés furent assaillis par les parfums des jambons pendus aux grosses poutres de bois et par la fumée de la cheminée. Plusieurs tables rondes, éclairées par des petites bougies, étaient dispersées au hasard dans la grande salle où un brouhaha de conversations, de rires et de cris emplissait les oreilles. Des silhouettes encapuchonnées murmurant entre elles, des mercenaires buvant de la bière et racontant à voix haute leurs exploits,  des ouvriers, des marchands même… Une faune bigarrée occupait l’auberge et ne prêta pas attention aux nouveaux venus.

- « Eh ! Ils jouent aux dés ! » s’écria Soir en s’approchant d’une table. « Vous avez de la place pour nous ?
- Ah non ! Pas pour Mac ! »   répondit un des joueurs, l’air contrarié. « Il a une chance de pendu, je ne joue pas contre lui ! »
- « MAC ! SALUT MON POTE ! VIENS ICI ! » s’écria quelqu’un à l’allure martiale.
- « McFil, pas la peine de crier, tu sais que je ne suis pas sourd. » répondit Mac avec un sourire.

Mac et Soir s’assirent à la table de McFil. Le guerrier avait devant lui une choppe de bière, une tranche de pain et sur la tranche, de la viande rôtie. Mac jetait un coup d’œil gourmand sur la viande quand Soir lui donna un coup de coude et lui souffla « Regarde ça ! ».

Soir, d’un mouvement de la tête, montra une belle jeune femme, à la flamboyante chevelure rousse, et aux vêtements qui en cachaient si peu qu’ils ne servaient que d’excuses aux bonnes mœurs. Elle discutait avec le patron.

- « Soniak la catin ! » sourit McFil.
- « Wow, je me la ferais bien ! » murmura Soir, le regard avide.

Soniak s’approcha de leur table, se mis derrière Mac, passa ses bras autour du coup du paladin et dit :

- « Mon chevalier préféré ! Il y a longtemps que je ne t’avais pas vu ! »

Mac tourna la tête vers elle et lui fit un clin d’œil amusé. Le patron avait accompagné Soniak, ils passèrent commande. C’est dévorant sa viande que Mac présenta Soir à McFil et entendit les dernières nouvelles. Sansfer avait été retrouvé mort, lui aussi, dans sa chambre à l’auberge. Les gardes royaux n’avaient pas de piste.

Alors que la discussion allait bon train, la porte s’ouvrit et deux ou trois hommes poussèrent des sifflements. Diandra venait d’entrer, sa beauté ne passait pas inaperçue, d’autant plus que la douceur de son visage contrastait avec son armure et ses armes. Elle s’approcha de la table en souriant, fit un signe amical à Soniak et salua McFil. Ils la mirent au courant de la situation.

- « De mon coté, j’ai appris des choses intéressantes. » dit Diandra. « D’abord, dans les milieux de l’église et des paladins, ton histoire de la marque du Maître-Démon a fait grand bruit, Mac. De fait, tant de personnes en ont parlé qu’il est inutile de chercher un suspect de ce coté-là. Par contre, le paladin qui vous a sauvés et qui t’a ordonné de ne pas poursuivre le démon… Nakron…il est très connu, c’est le Seigneur des Hautes Cimes. Un très puissant paladin, combattant exceptionnel, qui a son domaine dans les Highlands, et que l’on n’a pas vu depuis un certain temps.
- Celui-là même qui t’a dit qu’au nom de l’intérêt supérieur d’Albion, tu devais laisser le démon vivant » murmura McFil, songeur.
- « Je sais où est son domaine » ajouta Diandra. « Nous pouvons y aller dès demain. »
- « Ce sera sans moi, hélas. » ajouta McFil. « Demain je pars vers la zone frontière, escorter un magicien qui va enchanter un château contenant une relique d’Albion. Je ne peux me défiler…
- Dommage !  Nous serons néanmoins quatre, demain Alfania la paladine nous rejoindra à Humberton.» répondit Mac, qui attaqua vaillamment une deuxième tranche de viande rôtie.


Le lendemain, les yeux bouffis de fatigue, Soir rejoignit Mac et Diandra à la Porte Nord de Camelot. Mac eut un petit sourire ironique, murmura quelque chose à Diandra au sujet de Soniak et ils partirent vers Humberton. Là, Alfania les rejoignit. Même elle et sa juvénile beauté ne purent réellement réveiller Soir, qui somnolait sur sa selle. Le petit groupe s’enfonça dans les montagnes.

Après une journée sans histoire et une nuit passée dans les froides montagnes, ils arrivèrent dans une gorge étroite barrée d’une muraille et d’un poste de garde. Ayant décidé de venir en amis, ils s’annoncèrent mais virent le passage refusé par le guerrier qui gardait les lieux. Un seul guerrier, mais à l’aura si impressionnante que nos aventuriers préférèrent rebrousser chemin et tenir conseil.

- « Je perçois une aura très puissante, chez lui. Je ne suis pas sûr que même à quatre on puisse le vaincre. »  dit Diandra.
- « Pourtant il faut passer ! » répondit avec une colère contenue Mac.
- « Mais comment ? » répondit Alfania. « Nous avons essayé la diplomatie, dit combien il est important pour nous et Albion de passer et de voir son seigneur, nous avons cajolé et menacé, ce guerrier est plus têtu qu’une vielle mule !
- Je sais comment faire. » dit Soir. « Son poste de garde n’a qu’une issue. Je peux facilement mettre le feu à sa porte, j’ai ce qu’il faut. Je peux même produire assez de fumée pour qu’il meure dans sa bicoque, sans risque pour nous ! »

Mac eut l’air horrifié.

- « Soir ! Je te rappelle que ce n’est pas vraiment un ennemi ! Il ne fait qu’obéir aux ordres de son seigneur ! Et ta façon de faire est absolument déloyale !
- Oui ! » ajouta Alfania, « Ce serait une mort horrible et sans honneur pour lui, et une honte pour nous ! De plus tuer un de ses soldats n’est sans doute pas la meilleure de s’introduire auprès du seigneur Nakron.
- Pff. » fit Soir, avec un regard dégoûté sur les deux paladins. « Mac, à chaque fois que tu dis quelque chose tu as ta petite suivante pour t’approuver ! » ricana-t-il. « Comment comptes-tu t’y prendre ? Tu vas le provoquer en duel ?
- Non, ce n’est pas une affaire d’honneur entre lui et moi, tu n’y comprend rien ! » répondit Mac, excédé. « Nous allons lui demander une dernière fois de laisser le passage et s’il refuse, nous l’attaquerons, c’est tout ! Nous tâcherons de ne pas le tuer, une fois hors de combat Diandra le soignera et nous passerons.»

Soir leva les yeux au ciel.

Ils prirent le temps de se recueillir, les paladins chantant leurs chants de protection et de combat, Diandra demandant les bénédictions de la Lumière. Comme ils s’y attendaient, l’imposant guerrier en armure de plate leur refusa à nouveau le passage. Mac et Alfania chargèrent tandis que Soir tentait de passer derrière l’ennemi.

« Pour Albion ! » cria Mac, abattant son marteau de guerre . « Pour Albion ! » cria en écho Alfania, épée levée. Soir ne criait rien, il espérait que les cris des autres détournerait l’attention du guerrier…
Diandra pria Dieu pour paralyser l’ennemi, mais Dieu ne sembla pas l’entendre. Le guerrier para facilement le coup de Mac et donna un puissant coup d’estoc à Alfania. Elle cria et chancela, recula, blessée, et Diandra lui lança un sort de soins. Mac, inquiet en voyant Alfania en mauvaise posture, frappa de toutes ses forces vers la tête de son adversaire. Le marteau fit un creux dans le bouclier remonté à la hâte, le guerrier, sur la défensive, recula de deux pas. Il ne put éviter un coup de hache de Soir, et malgré son armure se mit à saigner. Échaudé, il se plaça face à Soir et à Mac. Soir fit tourner rapidement son épée et sa hache, et s’accroupit presque pour attaquer le guerrier au creux du genou, au point faible de l’armure. Mais l’ennemi dévia le coup avec son épée et sur le retour de l’arme blessa Soir à l’épaule, le forçant à lâcher sa hache sénestre. Déjà Diandra priait pour refermer la blessure de Soir… Le guerrier le remarqua et, bousculant Mac de son bouclier, fit un bond vers Diandra et la blessa d’un coup au bras gauche. Alfania, qui avait été soignée par la magie de Diandra, s’interposa. Mac décida de tenter le tout pour le tout et hurla : « Tous sur lui MAINTENANT ! »  

Les quatre compagnons, tous blessés, se jetèrent ensemble sur l’adversaire, cela passerait ou casserait. Le guerrier para l’attaque  de Mac,  mis hors de combat Diandra, mais ne put éviter totalement les attaques de la paladine et de Soir… Il s’écroula, touché au dos et à la poitrine, et tomba au sol.

Diandra était faible mais consciente, ils s’assirent tous, ou plutôt se laissèrent tomber au sol, exténués, affaiblis par les pertes de sang…

« Vous allez payer votre trahison ! » dit une voix vers le passage dans la muraille… Un chevalier, avec le même blason que le guerrier à terre, sortit son épée et s’approcha d’eux, suivi d’une vingtaine d’hommes d’arme…

Épisode 3 : le jugement

Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Peut-être une fois que j’aurais terminé cette histoire pourrais-je sonder votre esprit ?

Le chevalier fit un geste à ses hommes qui commencèrent à encercler le petit groupe. Il leva l’épée pour donner le signal de l’attaque, mais Mac cria « STOP ! » et se tourna vers Diandra.

- « Soigne le garde maintenant, sinon il va mourir. »

Diandra hocha la tête, se tourna vers le garde inconscient au sol. Un certain flottement se fit sentir chez les guerriers autour d’eux. Diandra incanta calmement et une lumière dorée entoura l’homme, qui aussitôt ouvra les yeux, l’air faible. Mac se tourna vers le chef.

- « Voilà, vous pouvez nous combattre, maintenant. Mais nous ne sommes pas vos ennemis. C’est juste que nous sommes prêts à prendre tous les risques pour voir le Duc Nakron, c’est trop important pour que l’on abandonne. »

Le capitaine les regarda d’un œil songeur.

- « Bien. Prenez leurs armes. Nous allons les amener au Duc, qui décidera ! »

Ils firent le trajet libres, mais sans armes et au milieu de guerriers. Ni le château aux hautes murailles ni l’impressionnante vue sur le ravin au bord du chemin ne distrairent leur pensées. Comment allait réagir le Duc ?

Ils le trouvèrent à genoux, en train de relever son jeune fils. Dans une salle, les tentures illustrant les exploits des Paladins de la famille et les hauts meubles de bois se disputaient l’ambiance avec des dizaines de jouets répandus un peu partout. D’autres personnes entrèrent également dans la salle. L’enfant fut promptement emmené par une gouvernante, sur un signe du Duc.

- « Mac ! » s’écria une jeune femme tout de vert vêtue, avec  un geste du bras et un sourire.

Un homme petit et gros se tourna, surpris, vers la jeune femme :

- « Tu le connais, Louvéa ?
- Oui, j’ai mené quelques missions avec lui. C’est un paladin. » dit-elle avec un clin d’œil à Mac. Alfania jeta un regard froid à la jeune femme.
- « Et bien ton ami est en mauvaise posture, c’est un danger pour Albion, et peut-être tous ceux qui l’accompagnent. »

Diandra poussa une exclamation de surprise indignée, avança et se prit les pieds dans une espèce de jouet de couleur jaune. Elle fut rattrapée par Soir et de colère donna un coup de pied à la boule jaune. Celle-ci fit un bond en poussant un glapissement aigu ! Le gros homme près de Louvéa poussa un cri de colère et se précipita pour prendre la créature jaune dans ses bras. Il hurla «  Vous êtes folle ? Brute ! ». Diandra, surprise, regardait avec stupeur la boule jaune, dans laquelle elle distinguait deux petits yeux noirs.

- « Laissez mon familier tranquille ! »

Une grande femme brune aux yeux clairs éclata d’un rire cristallin.

- « Ah Elmonchon, qui se douterait que c’est le familier d’un puissant magicien ! »


Elle se tourna vers Diandra, posa sa harpe sur une table et dit :

- « Je pense qu’Elmonchon se laisse emporter par ses émotions. La seule personne avec qui nous avons un vrai problème est Mac Leod.
- Oui, Sajolie a raison, c’est Mac le danger pour Albion, il faut l’éliminer. » ajouta une petite femme boulote, aux cheveux courts et drus. Elle remonta un peu sa robe bleue et s’assit près du Duc.
- Du calme ! » dit le Duc, en s’asseyant, avec le plus grand manque de respect pour le protocole, sur la table, à coté d’un jouet en bois. « Nous n’allons pas prendre de décisions hâtives et injustes. Jugeons !
- Eh ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? » s’écria Mac « Pourquoi donc devrais-je être jugé ?
- Du calme, j’ai dit ! » répéta Nakron. « Mac, jusqu’à il y a peu, nous pensions que tu étais un traître, payé par Hybernia pour détruire la Pierre. Nous t’avons fait surveiller par Soir, et nous avons su que tu as reçu de l’or. La majorité de notre groupe a voté pour ton élimination. Notre projet est trop vital et trop secret pour Albion pour que nous prenions de risques. Depuis peu, nous avons eu des renseignements supplémentaires, comme le fait que tu ais remis l’or à l’église. Nous pensons désormais que tu n’es pas un traître. Toutefois, comme tu es le seul à pouvoir détruire la Pierre du Maître-démon, tu es de fait le plus grand danger pour notre projet. Du coup certains dans le groupe pensent que tu dois être éliminé. »

Louvéa eut une expression horrifiée, et les membres de notre petit groupe prirent tous la parole à la fois pour protester. Le Duc fit un geste et ramena le silence.

En désignant la femme en bleu et un grand guerrier au visage grêlé, il reprit :

- « Tu auras l’occasion de parler, Mac. Pour l’instant écoute. Narfarielle et Oloman pensent que tu es trop dangereux pour rester vivant. Sajolie la barde et moi-même pensons que les valeurs d’Albion doivent nous guider, il serait injuste de te tuer. Quant à Elmonchan le mage, au guerrier Defers et à l’archer Fenerik, ils sont indécis.»


Ces deux derniers, un petit homme habillé de vert comme Louvéa et un géant brun hirsute en plate, se tenaient derrière le gros mage. Elmonchan posa sa lourde masse sur une chaise et prit la parole.

- « Je suis d’avis que Mac vive. En fait je pense qu’il peut nous être utile. Nous ne sommes pas sûrs de la position exacte de la Pierre. J’ai fais des recherches et je pense qu’à cause du lien spécial de Mac et de la Pierre, s’il passe à coté, il la sentira. Mac devrait être intégré à notre groupe. »

Ce fut au tour des occupants du château de prendre la parole tous à la fois. Une fois de plus Nakron ramena le silence, et une discussion plus ordonnée s’ensuivit, où seul gardait le silence le groupe des quatre et Louvea. Il fut décidé que Mac vivrait, sans qu’il ait eu à défendre sa cause.

Nakron se tourna vers Louvea et lui dit de se mettre avec les quatre autres. Il leur demanda de jurer que sur leur vie, sur leur âme, sur Albion et sur Dieu que ce qu’il leur dirait resterait absolument secret. Tous prêtèrent serment.

Et Nakron commença à révéler le plus grand secret d’Albion.


Épisode 4 : Une Pierre dans le jardin d’Hybernia


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Écoutez… avec vos oreilles, mais votre âme aussi….

Nakron se tût un instant puis dit :

« Il y a quelques temps, en Hybernia, une de nos espionnes a essayé de voler un manuscrit. C’est Erlanghial, un vieil elfe érudit, qui avait découvert ce texte. Il en était tout retourné, disait qu’il s’agissait d’une prophétie qu’il fallait absolument faire échouer, pour l’avenir d’Hybernia. Il prit la route pour leur capitale, afin de prévenir les seigneurs de ce royaume. C’est sur le chemin que Méchaelle, notre espionne, fit sa tentative. »

Il jeta un coup d’œil embarrassé à Louvéa, dont le visage s’était fermé. Elle semblait lutter pour garder le contrôle d’elle-même, respirant d’une manière trop contrôlée pour être naturelle et avait l’œil humide. Il reprit :

« Méchaelle était une amie de Louvéa. Je suis désolé, Louvéa. Erlanghial la surprit, ils se battirent, Méchaelle fut blessée mais tua l’elfe et s’empara du rouleau. Nous ne savons pas comment, mais les hyberniens furent au courant et donnèrent la chasse. Méchaelle fut à nouveau blessée, si gravement qu’elle mourut dans la zone frontière, entre les bras de la patrouille menée par Louvéa. Elle eut juste le temps de raconter brièvement son histoire et de remettre le rouleau. »

Nakron bougea un peu et continua.

« Nous avons pu déchiffrer le rouleau. La prophétie parle de la Pierre du Maître-Démon d’Albion. Elle dit que bientôt les mages d’Albion se serviront de cette Pierre pour vaincre Hybernia.

Il y a une Pierre par royaume, et chaque Pierre peut être activée par un mage, si celui-ci est assez puissant et possède les connaissances nécessaires. Cela a rarement été fait. D’abord, activer une Pierre dans son propre royaume est stupide. Cela fait apparaître, dans la région de la Pierre, des portes vers les enfers. Par ces portes viennent des mort-vivants et des démons. Même le Maitre-Démon peut apparaître, si le mage qui active la pierre a le pouvoir nécessaire. »

Nakron fit un signe de tête à Narfarielle, la petite femme en bleu. Celle-ci reprit le récit.

« Une fois, un prêtre de Midgard s’est introduit en Hybernia et a activé leur Pierre. Cela a semé quelques temps la terreur, mais les hyberniens trouvèrent et tuèrent le prêtre, l’activation de la Pierre cessa. Midgard a perdu un de ses plus puissants religieux, et aucun royaume ne tenta à nouveau l’expérience.

Mais la prophétie dit que l’on peut activer la Pierre d’une manière beaucoup plus puissante… Du coup, nous cherchons notre Pierre, afin de l’étudier. Si, en se basant sur la prophétie, nous perçons le secret de la Pierre, nous pourrons envoyer un mage en Hybernia, pour faire une activation beaucoup plus puissante que toutes celles qui ont été tentées jusqu’à présent. Pendant un mois complet, leur royaume sera attaqué par les forces infernales, même si notre mage repart en Albion. Ce coup serait assez fort pour affaiblir gravement Hybernia.

Hybernia cherche à nous contrecarrer. Ici, ils ont payé Mac pour le motiver dans la recherche et la destruction de la Pierre. Mais surtout, dans leur royaume, ils ont cherché et trouvé leur propre Pierre. Ils l’ont cachée, sans doute bien gardée et bardée de protections magiques. Ce ne sera pas facile de la trouver et de l’activer. »

Nakron sourit et dit : « Du moins c’est ce que nous cherchons à faire croire aux espions Hyberniens et à leurs dirigeants. La vraie prophétie n’a rien à voir avec cela et est beaucoup plus impressionnante, la voilà…. »
Épisode 5 : la révélation


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part.

Où en étais-je ? Ah oui, le Duc s’apprêtait enfin à révéler la vérité. Je ne vous ferai pas languir plus longtemps en vaines digressions sur ce qu’est la vérité, autant en venir tout de suite à l’essentiel. Je suis sûr que vous pensez comme moi et que vous préférez entendre la révélation tout de suite, plutôt que de m’entendre rabâcher je ne sais quoi à propos de choses et d’autres. On ne ferait que perdre notre temps. Et d’ailleurs vous ais-je parlé de mon ancien maître, quand il…bon, bon, j’arrête, pardonnez cet humour facile, mais à mon age s’amuser est une chose rare….

Le Duc disait donc….

« La véritable prophétie avertit Hybernia que le Roy Arthur va revenir et mener son royaume à une victoire définitive contre Hybernia et Midgard. »

Mac ouvrit de grands yeux, à la fois surpris et emplis d’une soudaine espérance. Diandra laissa échapper une exclamation incrédule, Alfania s’appuya sur une chaise et Soir murmura ; « Impossible… », Louvéa dit « Et bien… pas étonnant que l’elfe fut tout retourné… »  Nakron laissa un instant s’écouler, que tout le monde puisse absorber la nouvelle… Il reprit.

« Pas en chair et en os. Arthur est mort, et rien ne changera cela. Mais si nous trouvons la Pierre et faisons la bonne cérémonie, l’âme d’Arthur chassera le Maître-Démon de la Pierre. L’âme d’Arthur s’installera pour toujours dans la Pierre et utilisera sa puissance magique pour soutenir Albion.

En pratique.. Cela veut dire que nous aurons une nouvelle relique, inconnue des autres royaumes. Cette relique à elle seule sera plus puissante que toutes les reliques existantes réunies et sera indestructible. Nous n’aurons pas besoin de l’exposer en l’approchant des zones de combat, comme les reliques actuelles, nous pourrons la garder à Camelot même. Elle rendra nos assassins et espions indétectables. Nos mages auront plus de puissance. Nos prêtres, nos moines, nos guerriers et chevaliers… tous deviendrons beaucoup plus puissants ! Notre Roy Arthur, grâce à la Pierre, nous permettra d’envahir et de soumettre jusqu’au cœur des royaumes ennemis… »

Il fit une pause…. Et ajouta : « Enfin cette guerre entre les trois royaumes sera terminée, et nous connaîtrons la paix. »

« Si nous arrivons à réaliser la prophétie » ajouta Narfarielle. « Avant tout il nous faut trouver la Pierre. Ensuite il nous faut des informations supplémentaires sur la cérémonie, qu’il faudra carrément aller chercher en Hybernia. Ensuite seulement nous pourrons faire la cérémonie liant à jamais l’âme d’Arthur et la Pierre. Cela fait beaucoup. »

Elmonchan le mage, tout en grattant la créature jaune qui lui servait de familier, intervint.

« Trouver la Pierre est difficile. Elle est cachée à la fois matériellement et magiquement. Les informations de Sansfer étaient incorrectes, Mac, la Pierre n’est pas dans Mithra. En fait, le seul moyen que nous ayons de la trouver est de l’activer. Une fois active, elle émet une sorte d’aura que les mages de notre groupe peuvent détecter, avec de la chance. Ce coup-ci, avec votre aide, Mac, nous sommes sûrs de la trouver. Mais attention, que personne ne fasse comme la dernière fois ! Hélas, quand la Pierre est activée, mort-vivants et démons apparaissent. Vous pouvez combattre les mort-vivants, pas les démons. Si vous ne tuez ne fut-ce qu’un seul démon, la Pierre devient beaucoup plus difficile à détecter. C’est pour cela, Mac, que la dernière fois nous n’avons pas trouvé la Pierre. Elle était là, activée, mais encore plus difficile à trouver à cause du démon que vous avez tué ! » Elmonchan ne put s’empêcher de prononcer ces dernières paroles d’un ton coléreux.

Nakron reprit d’un ton apaisant : « Le passé est le passé et nous avons tous commis des erreurs. Maintenant, nous devons préparer l’avenir. Mac, nous comptons sur vous. Que pensez-vous de tout cela ? »

Mac réfléchit un instant et dit :

« Ce qu’il me vient à l’esprit est que je dois lutter pour détruire cette Pierre. »
Épisode 6 : où l’on choisit


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part.

Un silence de plomb accueilli la déclaration de Mac. Elmonchan le rompit : « Voilà qui va renforcer ceux qui pensent que vous être trop dangereux pour que l’on vous laisse vivant. Expliquez-vous ! »

La tension était palpable. Alfania avait l’air perdue, mais elle se rapprocha, protectrice, de Mac. Soir regardait Mac d’un œil inexpressif.

« J’ai dit que c’était ce qui me venait à l’esprit, pas ce que j’allais faire. » dit Mac. « Instinctivement, ce projet me hérisse. Il faut que l’âme du Roy Arthur s’enferme à jamais dans une Pierre maléfique ? N’est-ce pas dangereux pour lui ? Et puis même s’il chasse le Maître-Démon et contrôle la Pierre pour le bien d’Albion, est-ce juste que pour l’éternité son âme soit au service du royaume ? N’as-t il pas droit de rejoindre la Lumière ? »

Mac pencha la tête, pensif. « Et il faut, pour parvenir à nos fins, autoriser des démons à parcourir nos terres ! Des gens en meurent ! Vous me parlez d’un avenir radieux mais si je me fie à ce que je vois, pour l’instant on fait le mal. »

Tout à coup le visage de Soir se changea en masque de fureur. Il s’écria :

« Pour qui te prends-tu, petit paladin ! Tu vois, tu juges et tu tranches ?? Toi tu sais ce qui est bien ou pas, peu importe la puissance et le rang de ceux que tu as en face ? Toi tu sais ce qui est juste et eux non ? Toi… toi… tu juges d’après ce que tu vois !! Vois plus loin, imbécile ! » Soir était rouge de fureur. Il se dirigea et vers le corridor et ajouta, d’une voix basse mais coléreuse : « J’ai besoin d’air pour me calmer ! »

Mac le regarda partir, une expression ahurie sur son visage. Le Duc leva un sourcil et dit : « Que lui arrive-t-il ? Il est fou ? »

Louvea répondit : « Non, Messire. Ce n’est pas un ami, mais j’étais dans la même région que lui pendant sa jeunesse. Il s’est passé quelque chose que toute la région a su et qui probablement explique ses paroles aujourd’hui. »

Elle fit une pause et reprit : « Soir a vécu un amour passionné avec une jeune femme des bois. Il sentait que quelque chose la perturbait mais celle-ci ne voulait pas révéler son secret. Un jour il l'a suivie et a trouvé un homme en train de la menacer d'une arme. Il a tué cet homme, de justesse, et a été gravement blessé.
Mais cet homme était le père de la femme et menaçait sa fille pour l'empêcher de la suivre, il n’avait pas l’intention de la tuer, au pire il l'aurait blessée. Celle-ci voulait le suivre dans un endroit très dangereux où son frère était prisonnier, pour le libérer. Son père ne voulait pas qu'elle vienne. Désormais seule et désespérée, elle soigna Soir, l'abandonna là, et parti seule à la recherche de son frère. Soir retrouva leurs deux cadavres une semaine plus tard. Il jura publiquement de les venger, et puisqu’il avait tué, assassin il serait. Depuis il se méfie comme la peste des gens qui jugent rapidement d’après ce qu’ils voient… » ajouta-t-elle en regardant Mac. Elle ajouta d’une voix forte « Mon amie Méchaelle est morte pour nous ramener cette prophétie. Pour ma part je lutterai pour la réaliser ! »

Le Duc et ses amis gardèrent le silence, attentifs aux paroles échangées. Diandra, d’une voix posée, prit la parole : « Allons, gardons notre calme.  Moi, ce qui m’inquiète, c’est que cette nouvelle relique n’amènera pas la paix. Elle nous permettra de faire la guerre dans les royaumes ennemis, de les dominer. Oh bien sûr, je préfère qu’Albion gagne. Je suis prête à offrir ma vie pour le royaume et pour Dieu. Mais je crois que les trois royaumes pourraient vivre en paix… »

Mac la regarda et dit « Je n’avais pas pensé à cela, ma sœur. Mais bon…» Il regarda le sol. « J’avoue que je suis un peu perdu. Je veux faire ce qui me semble juste, mais parfois je ne sais pas ce qui est juste. Soir a sans doute raison. Je ne suis qu’un jeune chevalier. »

Mac mit un genoux en terre devant le Duc Nakron. « Messire, je sais que vous êtes un paladin du cinquantième cercle. Vous êtes un Grand du royaume. Vous servez l’église et le Roy. Je vous fais confiance, je respecterai mes vœux de paladin et obéirais aux ordres que vous donnerez. »

Un sourire chaleureux éclaira le visage du Duc. Diandra, Soir et Alfania prirent la même décision que Mac, même si Diandra ajouta qu’elle prierait pour qu’Albion impose la paix et non la destruction. Soir revint, calmé, et s’engagea aussi.

Nakron prit un visage grave. « Maintenant que vous avez pris votre décision, je vais vous présenter le chef de notre groupe secret. » Comme s’il n’attendait que ces paroles, un vieil homme entra d’un pas ferme. Ses cheveux blancs et son visage buriné de mille rides ne pouvaient rien contre la puissance qui se dégageait de sa silhouette musclée. Le Duc et sa compagnie firent une révérence, et un sentiment de respect envahit Mac et ses amis.

« Bruce McAllister, membre du Conseil Royal…» souffla Soir. Mais c’était inutile. Tout le monde connaissait au moins de vue le vieux chevalier, vieil ami du Roy,  quelqu’un qui avait aidé le Roy à chasser les derniers partisans de Mordred et dont la bravoure est légendaire.

Le vieux chevalier ne resta que peu de temps. Il les félicita pour leur décision et les assura qu’ainsi ils servaient au mieux Albion. Seule Diandra était un peu inquiète. Oh bien sûr elle servirait Albion… Mais McAllister n’était certainement pas une colombe de paix…

Ils passèrent tous à table, et après le repas le Duc exposa ses plans.

Pour pouvoir réaliser la cérémonie finale, il fallait aller chercher en Hybernia un parchemin. Ce parchemin était dans un fort près de la frontière du royaume elfique. Il fut décidé d’une attaque de diversion, sur un village fortifié près du fort, pour faire sortir la garnison de celui-ci, et attaquer le fort pendant ce temps.

Mac a cru comprendre qu’il serait chargé de la diversion, il fit remarquer que c’était une sale guerre que d’attaquer un village de civils. Le Duc fit venir un guerrier dans la salle. Mercenaire et capitaine des mercenaires, c’est lui qui mènerait l’attaque du village. Il fit une grande impression, un highlander à l’allure barbare mais au charme certain. Même Diandra, pourtant amoureuse d’un autre, se prit à lui jeter un regard intéressé.

Si la mission des mercenaires semblait sans gloire, elle était en fait presque une mission suicide, car ils seraient pris entre deux feux, la milice du village et la garnison de l’autre. Quand le mercenaire eut, avec professionnalisme, mis au point tous les détails, il quitta la salle, une carte dans la main.

Soir, l’air dubitatif, dit

- «Avez-vous vraiment confiance en lui ? Je le connais de réputation, il aime l’alcool, les femmes et tricher aux cartes. Il y a même une rumeur qui dit que c’est un assassin, mais libre et non Sicaire de la Fraternité comme moi. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de lui confier cette mission critique…
- Panda McKeen est digne de confiance. Je lui confierai ma vie. » répondit le Duc. « En fait, d’une certaine manière, c’est que je vais faire. Vous aussi, Diandra, car vous nous accompagnerez. Ainsi que Louvéa, elle sera notre éclaireur. »

Il se tourna vers Mac et Soir. « Vous irez chercher la Pierre, avec Elmonchan et Narfarielle. »
Épisode 7 : la mort de Louvea et de Panda McKeen


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Pardonnez-moi de passer les détails et de ne conter que les épisodes importants, comme la mort de Louvéa et de Panda McKeen.

La troupe de Panda McKeen écoutait son chef, les couleurs du clan flottant à l’air.

Panda se tourna vers Diandra. « Vous restez dans le petit groupe de commandement. » A l’attention de ses lieutenants il ajouta :

« Les scouts nous ont précédés de deux heures. Ils se sont divisés en trois groupes. Un groupe cherche les éclaireurs adverses, pour nettoyer autant que possible la forêt avant que l’on s’y enfonce. Le groupe 2 a pris position près de notre objectif, le village fortifié. Ils intercepteront les scouts ennemis se rendant au village pour donner l’alerte. Si tout va bien nous surprendrons le village. Un autre groupe se tient près du château pour intercepter les scouts s’y rendant. Ce groupe laissera passer un ou deux ennemis, pour que nous soyons sûrs que la garnison soit avertie et vienne au secours du village.

Le Duc et sa troupe nous suivent à une heure d’écart. Dès que le village sera attaqué, ils obliqueront vers le château, l’objectif réel.

Nous attaquerons le village avec une première vague. Il faut frapper assez dur pour les affoler, mais après l’attaque nous nous retirerons dans la forêt. La deuxième vague d’attaque ne comprendra que deux tiers des hommes, un tiers restera caché dans la forêt. La deuxième vague maintiendra l’attaque jusqu’à l’arrivée des renforts Hyberniens. A ce moment-là les troupes de réserve sortiront de la forêt et attaqueront par derrière les renforts Hyberniens, le temps que la troupe principale se replie.

À partir de là, il faudra mener une retraite ordonnée, les scouts nous y aideront en harcelant l’ennemi. »

Mais trahison et piège perturbèrent ce plan. La première vague avait bien surpris le village. Les cris et le bruit de l’acier contre l’acier emplissaient l’air. Dans le feu de la bataille, un homme cria quelque chose à Panda, qui fit un signe et le suivit vers la forêt, suivi de Diandra, de Louvea et deux autres personnes. Là, alors que Panda semblait engueuler Louvéa, un groupe d’hommes sortit du sol, comme s’ils apparaissaient soudain de nulle part. Blonds et sauvages, ils ressemblaient à des Midgardiens. Leur attaque surprise avec des armes empoisonnées décimèrent le groupe. Les Hyberniens, ayant vu le sort du chef Albionnais, avaient repris courage. Les mercenaires rompirent le combat et repartirent vers la forêt, vers les assassins Midgardiens.

Ceux-ci ne les attendirent pas. Les mercenaires ne purent que soigner Diandra, inconsciente mais vivante. Panda McKeen, Louvea, un autre mercenaire et l’autre clerc du groupe étaient morts. Ils furent placés sur des mulets, avec les autres Albionnais morts durant l’attaque, couverts d’une couverture, pour être ramenés et enterrés en Albion. Diandra, à peine remise, décida de continuer le plan, et une seconde vague attaqua le village.

Épisode 8 : instinct ou volonté ?


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Savez-vous que certains, avant de mourir, vivent un kaléidoscope de souvenirs, et que d’autres ne sont qu’une émotion, de peur ou de surprise ?

Pour Mac, le temps se démultiplia, dans un ralenti où chaque action mettait une éternité à s’accomplir et où entre chaque éternité un souvenir, clair et vif, emportait sa conscience dans le passé.

La boule d’obscurité se forma dans la main du démon.

Les images de l’arrivée dans la région de Mithra se bousculèrent dans la tête de Mac. Le feu de camp, la petite magicienne Narfarielle, l’air grave, le sombre maître d’armes Defers veillant sur elle, Elmonchan le mage au tempérament sanguin et son étrange familier jaune, Soir et Alfania discutant à voix basse, Oloman l’autre maître d’armes et sa brillante armure de plate, tous passèrent dans son esprit, visages et voix. La cérémonie activant la Pierre… la recherche prudente de la Pierre, guidée par la magie d’Elmonchan… la Pierre elle-même semblant attirer Mac… et ce démon, attaquant par surprise, avec un groupe de mort-vivants, la deuxième attaque de la soirée.

Dans ce nuage de lenteur, instinctivement, Mac bondit pour frapper le démon… Il leva son marteau lentement lentement et le démon millimètre par millimètre tourna sa main vers lui. Seule l’action était au ralenti, l’esprit de Mac fonctionnait très vite, il avait déjà calculé toutes les trajectoires, savait qu’il tuerait le démon à peine avant que celui-ci ne termine son sort, avant que la boule ne parte.

La boule d’obscurité pulsa une première fois.

Dans le silence de cette action où le temps se divisait infiniment, Mac vit son marteau se placer, sentit son corps se tendre, sa puissance s’accumuler, et revit la mort d’Oloman.

Le premier démon les avait attaqués en plein combat contre des mort-vivants. Aussitôt les deux maîtres d’arme s’étaient interposés entre le démons et les mages, en les défendant mais sans attaquer le démon. Mac, Soir et Alfania repoussaient les mangeurs de cervelles. Narfarielle et Elmonchan furent très rapides à lancer le sort renvoyant le démon aux enfers. Pas assez rapide, toutefois. Le démon, incapable de percer la défense des maîtres d’armes, tendit la main vers Oloman. Une boule de noirceur absolue apparut dans la main du démon, pulsa trois fois et partit vers le guerrier. Celui-ci fit un pas de coté pour esquiver. Cela a presque marché. La boule, comme douée de conscience, changea de direction et réussit à le toucher, tout juste.

Elle passa à travers l’armure de plate, sans une trace. Oloman poussa un cri curieusement faible, sans force. Il s’écroula, sans vie. Plus tard ses amis virent son cadavre flétri comme si les ans étaient tous venus d’un coup. Le démon dit que son âme était délicieuse. Il ne put en dire plus, l’incantation des mages le renvoya aux enfers.

Maintenant aussi, leurs voix étrangement déformées par ce long ralenti, les mages lançaient leur sort. Là aussi Mac savait qu’ils réussiraient trop tard, la boule serait partie. Enfin, il tuerait le démon juste avant. Le temps prenait son temps, Mac commença son attaque…

La boule noire pulsa une deuxième fois.

La scène de la dernière discussion avec Soir, juste après qu’Elmonchan ait rappelé les consignes, s’imposa à l’esprit de Mac. Soir parlait d’Alfania la paladine.

- « Tu as vu comment elle t’a défendu contre Defers ? Une vraie tigresse ! » dit-il avec un sourire.
- « Oui, elle ne laisse personne m’attaquer, que j’ai tort ou raison. » répondit Mac en souriant aussi. Soir reprit :
- « Elle est belle… et amoureuse de toi, cela crève les yeux. Et toi, elle ne te plait pas ?
- Non. Enfin, je la trouve belle, bien sûr. Et elle me vénère, elle me place sur un piédestal et me prend comme modèle. Moi j’ai beaucoup d’affection pour elle. Et je m’en sens un peu responsable, aussi, du coup. Mais mon cœur n’est pas à elle.
- Ah bon ? A qui donc ? » demanda Soir d’un ton curieux.
- « A une gente Dame qui est déjà éprise d’un autre paladin !  » répondit Mac en haussant les épaules. « C’est ironique, un highlander qui me ressemble comme deux gouttes d’eau. Enfin, c’est comme cela et je ne chercherai pas à briser leur couple. »

La boule pulsa une troisième fois alors que Mac, dans ce temps s’étirant à l’infini, dirigeait son marteau vers la tête du démon.

Juste après quoi ? Oui cette discussion avait eu lieu juste après qu’Elmonchan ait rappelé les consignes.

- « Je rappelle à tous que les mort-vivants sont en chasse libre, mais qu’il ne faut pas toucher à d’éventuels démons si l’on veut avoir une chance raisonnable de trouver la Pierre », dit Elmonchan. Il reprit « Mais Narfarielle et moi avons pris nos précautions, si notre sort fonctionne correctement il n’y aura pas de démons, juste quelques morts-vivants.
- Même un assassin débutant et un petit paladin peuvent en venir à bout. » ajouta d’un ton dédaigneux Defers le maître d’armes, avec un regard vers Mac.
- « Inutile de manquer de respect, Messire ! » intervint Alfania, d’un ton coléreux.
- « Du calme. » dit Narfarielle. La petite magicienne ajouta : « Si un démon apparaît, la consigne est de se défendre et de ne pas riposter. Empêchez-le juste de parvenir jusqu’à Elmonchan ou moi, car dès que nous verrons un démon nous lancerons un sort pour le bannir et le renvoyer aux enfers, sans le tuer. Mais cela nous prendra un certain temps pendant lequel vous devrez survivre et nous protéger. Enfin, comme l’a dit Elmonchan, avec un peu de chance, pas de démons. Pour l’instant, nous allons nous reposer, nous attendrons le milieu de la nuit avant d’activer la Pierre. »

Le groupe se dispersa aux alentours du feu de camp, certains préférant se retrouver seul à seul avant l’épreuve, d’autres se réunissant par petits groupes. Soir et Mac s’assirent côte à côte et parlèrent.

La boule de nuit pulsa une troisième fois.

Mac, sa volonté se ruant contre son instinct, bondit vers l’arrière. Il ne tuerait pas le démon. Il ne fallait pas. Il fallait obéir aux ordres. Bien sûr, il en mourrait, comme Oloman, mais n’était-il pas paladin et prêt à se sacrifier ?

Lentement, la boule quitta le démon, droit vers Mac. De toute sa vitesse Mac plongeait, mais il savait que la boule l’atteindrait. Il n’avait plus qu’un instant à vivre, une éternité.

Une ombre s’interposa.

Le temps repris son cours normal ou même alla plus vite ! Les deux mages terminèrent l’incantation expulsant le démon au moment où Alfania, sans vie, s’écroula dans les bras de  Mac, qu’elle venait de sauver.



Épisode 9 : La cérémonie


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Laissez moi vous conter la fin de cette histoire, du moins c’est ce que pensaient le Duc et mon maître à ce moment là.


« Ce soir la cérémonie aura lieu. Cela ne me plait décidément pas. » dit Mac, irrité. Il marchait, nerveux, de long en large.

Ils étaient dans une petite pièce du château du Duc. Appuyé contre le mur, Soir haussa les épaules. « Je t’ai déjà dit ce que j’en pense. Ne juge pas juste d’après ce que tu sais, les apparences sont trompeuses. Fais donc un peu confiance ! »

C’était le matin, et ils n’étaient qu’à quelques heures de partir pour la petite chapelle qui, dans les terres de Nakron, était l’endroit le plus adapté pour la cérémonie magique. Diandra, assise près de son frère, ajouta :

« L’idée de Panda était très astucieuse. Se faire passer pour morts les a aidés, Louvea et lui, s’enfoncer en Hybernia. C’est leur retour qui a été périlleux. »

Mac haussa les sourcils « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

- « L’attaque de la bibliothèque Elfe s’est bien passé, Panda s’est débarrassé du garde, quelqu’un de dangereux, mais Mc Keen l’est aussi, et il avait l’avantage de la surprise. Louvea a guidé aussi bien pour l’aller que le retour. Pour pouvoir passer les lignes ennemies, ils comptaient sur une diversion, une seconde attaque du Duc et de ses hommes.
- Et ? » demanda Soir.
- « Et ils tombèrent sur une forte troupe Hyberniene qui allait à la rencontre de nos hommes. Ils durent fuir vers Hybernia ! Ils revinrent en faisant un crochet, mais des chasseurs lancés à leurs trousses faillirent les intercepter. Panda a dit à Louvea de fuir, qu’il les retiendrait, mais grand coup de chance, juste à ce moment-là une scout elfe rappela les ennemis pour qu’ils s’occupent d’un groupe de nos soldats passant à proximité. »

Avec un sourire Diandra conclut : « Il eut mieux valu pour nos ennemis qu’ils restent et empêchent Louvea et Panda de passer, car désormais nous avons le rouleau qui nous manquait pour réaliser la prophétie ! »

- « Et ce soir l’âme d’Arthur investit la Pierre ! » reprit Mac. Il se dirigea vers le couloir en ajoutant « J’ai besoin d’être seul ! Je vais chevaucher un peu ! A ce soir » !

Soir, un ombre triste sur le visage, le regarda partir. « Il essaie de cacher ses émotions. Il ne parle pas d’elle, mais il est affecté par la mort d’Alfania. Il se sent responsable. »

Diandra hocha la tête. « Elle me manquera aussi, cette paladine au cœur pur. »


Plus tard, bien plus tard dans la soirée, après un étrange rituel, la Pierre brillait d’un feu rouge dans la pénombre de la chapelle. Dehors les gardes étaient sur le qui-vive.

Nakron prit la parole : « Et bien voilà. La fin d’une aventure pour nous, la Pierre est activée avec l’âme d’Arthur pour la contrôler. Nous avons fait ce que nous avons eu à faire, et des vies se sont sacrifiées pour cela. Maintenant, c’est une nouvelle aventure pour Albion qui commence, grâce à la puissance que cette nouvelle relique est en train d’accumuler pour le Royaume. Vive Albion ! Pour Arthur ! Pour Albion ! Pour le Roy ! »

Tout le monde repris ces cris. Une nouvelle ère allait commencer.


Pendant ce temps, loin en Hybernia, Selicia, l’assassine hyberniene, assise sur une branche d’arbre, ombre parmi les ombres, songeait à sa dernière mission, on lui avait ordonné de faciliter la fuite de Panda et de Louvea. Si elle n’était pas intervenue pour détourner le groupe de chasseurs, ces deux là seraient morts pour de bon, à l’heure actuelle. Elle ne connaissait pas le dessous des cartes, dans cette affaire. Mais bon, elle n’avait pas à tout savoir. La seule chose qu’elle savait, et ils étaient bien peu à le savoir en Hybernia, c’était que pour l’avenir d’Hybernia, Panda et Louvea devaient ramener chez eux un rouleau contenant une cérémonie soigneusement mise au point par les plus grands mages d’Hybernia. C’était une mission prioritaire, un coup terrible porté à Albion.»


Épisode 10 : La fin et les moyens


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Victoire est-il synonyme de Bien et Défaite de Mal ? La question s’est posée…


Soir s’approcha de Mac.

- « J’ai à te parler. Et je pense que ce que je vais t’apprendre ne va pas te plaire… »

Mac, surpris, fit signe à Soir de s’asseoir à coté de lui. Soir reprit :

- « Tout à l’heure, en revenant d’un entraînement dans les bois, je suis tombé face à face avec le familier jaune du mage Elmonchan. Difficile d’interpréter les émotions de cette boule de poils, mais quand il a fait demi-tour et s’est enfoncé dans le bois, j’ai eu la curieuse impression qu’il me fuyait. J’ai ressenti une intense curiosité. Je me suis rendu quasi-invisible et je l’ai suivi.

Il a rejoins le magicien dans le pré, derrière le château. Là, le Duc s’entraînait avec Defers. Narfarielle était là aussi. Déçu, je m’apprêtais à faire demi-tour, quand des mots attirèrent mon attention.

Je vais te résumer ce que j’ai entendu. Ils parlaient de toi. Ils disaient qu’il valait vraiment mieux que tu crois que l’âme d’Arthur avait choisi de son plein gré d’entrer dans la Pierre.

- Quoi ? Qu’est-ce que cela veux dire ? Arthur n’a pas choisi d’entrer dans la Pierre ? On l’y a forcé ? »

Mac s’était levé, indigné et incrédule.

- « Oui, si j’ai bien compris c’est le cas. Cette Pierre est liée à Albion, Arthur, lié à la Pierre, est désormais lié à Albion pour l’éternité. C’est une âme exceptionnelle, et désormais il sert de lien entre l’énergie céleste et Albion. Que cela lui plaise ou non, à travers la Pierre, il est devenu une arme, une réserve d’énergie qui va permettre à Albion d’écraser ses adversaires. Elmonchan et les autres pensent que la fin justifie les moyens.. mais ont peur que tu sois d’un avis contraire… J’ai même entendu où ils comptent déplacer la Pierre, pour qu’elle soit plus au secret.»

Mac marchait de long en large… il s’arrêta, frappé par une idée.

- « Mais toi, Soir ! Tu me racontes tout cela… J’aurais pensé que tu ne me dirais rien… que pour toi aussi la fin justifie les moyens !
- Ah et zut ! Tu as mauvaise influence sur moi, Mac ! Depuis que je te connais j’ai tendance à me remettre en question… enfin, bref, je ne suis pas sûr de ce qui est bien ou mal, ici.
- Moi non plus. Albion doit gagner ! Et la guerre finir… Pourtant… mon être se révolte à l’idée d’imposer ce sacrifice au Roy Arthur. Que doit-on sacrifier pour gagner… notre âme ?
- En l’occurrence il s’agit de celle d’Arthur.
- Ah Soir… Je veux faire ce qui me semble juste. Mais je ne suis pas sûr de moi. »

Mac reprit sa marche nerveuse, de long en large.

- « Tu sais, Soir, je connais un peu ton passé, et je sais pourquoi tu es prudent dans ce que tu décides. »

Mac ne remarqua pas la soudaine raideur de Soir à l’évocation de son passé, ni sa tristesse.

- « Enfant, j’ai perdu toute ma famille, frères, sœurs et parents. »

Soir regarda Mac, étonné, et dit « Je croyais que Diandra était ta sœur »

- « Elle l’est. Nous avons été recueillis et élevés par le même moine, pour moi c’est ma sœur. Mais mes frères et sœurs de sang, ainsi que mes parents, sont morts quand j’étais très jeune. »

Soir poussa un soupir.

- « J’ai souvent entendu cette histoire. Tu as perdu tes parents, tu veux les venger. »

Mac jeta un regard à Soir.

- « Non, pas du tout. Je ne veux pas venger mes parents, ils sont morts de maladie. Ma famille habitait un tout petit village dans les Highlands. Un matin, ma grande sœur, Yaelle, me réveilla. Elle me dit de fuir, de courir vers le village d’à coté, d’échapper à la mort !

Elle était en sueur, pâle. Dans la maison, père, mère et mes frères et sœurs ne bougeaient plus, ne voulaient plus se réveiller. Le jour précédent, le chef avait amené au village une magnifique pierre noire, tombée du ciel. Une vraie malédiction, car presque tout le village est aussitôt tombé malade. Il semblait que moi seul, de tout le village, ne fut pas affecté, je ne sais pourquoi.

En tout cas, le matin venu, ma sœur m’ordonna de partir, elle-même trop faible pour m’accompagner. J’avais cinq ans, j’étais terrorisé. Je ne voulais pas partir. Elle m’a crié dessus pour que je m’enfuis. »

Mac ne marchait plus, parlait tout bas, les yeux dans le vague, comme s’il était redevenu cet enfant de cinq ans.

- « En sortant de la maison, en pleurs, j’ai vu le chef du village. Il rampait par terre, la pierre noire contre sa poitrine. Il essayait de la sortir du village mais il s’arrêta de bouger, sans vie…

Je me suis arrêté aussi. Je fixais, hypnotisé, cette pierre noire. Je savais que c’était elle qui tuait le village. Dans mon esprit j’entendais sans cesse les cris de ma sœur m’ordonnant de fuir. Mais je sentais que ce ne serait pas juste… Ce qu’il était juste de faire c’était de prendre cette pierre, de la sortir du village, peut-être qu’ainsi ma famille et le chef se remettraient à bouger ! Il fallait que je fasse disparaître cette pierre !

J’ai fait ce que je pensais juste. J’ai pris la pierre des mains sans force du chef. Elle était lourde. Je l’ai portée vers le Trou aux Esprits de l’Eau, un trou sans fond dans la montagne, pour l’y jeter et qu’elle y disparaisse à jamais. Plus j’

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4 commentaires sur ce texte :


  • mspf (http://www.ecrivez.fr.st) le 2004-07-26 20:01:20 :
    Alu! Je suis intéréssée par les jeux de rôle et je cherche justement y jouer sur internet. Si tu pouvais me passer l'adresse! Et puis m'expliquer un peu les regles aussi! miriciii


  • mspf (http://www.ecrivez.fr.st) le 2004-07-26 19:57:51 :
    Alu! Je suis intéréssée par les jeux de rôle et je cherche justement y jouer sur internet. Si tu pouvais me passer l'adresse! Et puis m'expliquer un peu les regles aussi! miriciii


  • papillon (http://www.ecrivez.fr.st) le 2003-06-24 16:28:39 :
    Dis moi, je ne connais pas grand chose aux jeux de rôles. Est ce que ce que tu ecris içi est ce qui se passe dans le jeu ou prends tu le jeu pour toile de fond à une histoire tirée de ton imagination?

    En tout cas, merci de nous faire part de ta jolie promenade.


  • Promeneur (http://www.ecrivez.fr.st) le 2003-06-21 16:34:47 :
    hm le texte n'est pas complet..