Ceci est une nouvelle se déroulant dans le jeu on-line Dark Age of Camelot. Pour ceux qui ne connaissent pas, il sagit dun jeu de rôle, cest-à-dire où vous jouez et animez un personnage, dans un monde persistant où jouent des milliers de joueurs.
Laction se déroule dans le royaume de Camelot, en guerre contre Midgard, patrie des vikings et des trolls, et contre Hibernia, patrie des elfes. Camelot est peuplé dhumains, chevaliers, prêtres, magiciens et jen passe, ainsi que de créatures fantastiques et généralement hostiles.
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Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Certains feront remonter cette histoire à la mort du Roy Arthur, dautres à son épisode le plus connu, le duel contre le Maître-Démon. Pour ma part, je commencerai à la rencontre, un matin, sur le chemin de Mithra, entre le Paladin Mac Leod et sa sur, la prêtresse Diandra.
- « Diandra ! Je te croyais dans les Cornouailles ! » sexclama Mac, souriant tendrement.
- « Jen suis rentrée hier », répondu la belle jeune femme, avec un regard préoccupé pour son frère.
Celui-ci, avec son armure aux couleurs bleues et jaunes de sa guilde, avait fière allure. Pas assez fière, toutefois, pour rassurer sa sur, qui ajouta :
- « Tu es sur le chemin de la Tombe, cest ta destination ? »
- « Oui, ne fais donc pas cette tête inquiète, je peux y survivre sans problème, je ne suis plus un petit garçon mais un chevalier aguerris maintenant. » avec un sourire amusé, cette fois-ci. « Si ce sont ces nouveaux morts-vivants mangeur de cerveaux qui tinquiète, ils ne sortent plutôt la nuit, je devrais être tranquille. » ajouta-t-il.
- Je nen ai point vu. Je suppose quil sagit dune légende. Non
Ce qui minquiète, cest ce petit homme que jai vu
À son allure très discrète, ses armes et ses fioles
je pense que cest un assassin professionnel, un Sicaire.
Mac la regarda en haussant les sourcils.
- Et ? Quel rapport avec moi ?
- Et bien il se préparait visiblement à tendre une embuscade à quelquun sortant ou entrant de la Tombe. Et comme tu y vas.. je naimerais pas que cela soit pour toi.
Mac sassit dans lherbe. La journée était belle et la campagne paisible, il était difficile de croire que la mort et la violence se donnaient rendez-vous.
- Hum
Je ne vois pas pourquoi lon voudrait massassiner
Pourtant
je suis mêlé, depuis peu, à des événements qui me dépassent. Cela a peut-être un rapport.
Diandra sortit de son équipement un grand tissu sombre, quelle posa par terre avant de sasseoir dessus.
- Raconte-moi tout.
Mac leva les yeux, se remémorant
.
- Jétais en mission avec un guerrier, mon camarade de combat McFil. Nous devions vérifier les rumeurs sur de nouveaux morts-vivant séchappant de la Tombe de Mithra, surtout le soir, et tuant les habitants aux alentours pour manger leur cervelle. Ce nest pas une légende.
Ce fut au tour de Diandra de lever les sourcils.
- « Nous sommes tombés sur un groupe de paysans encerclés par ces créatures. Cétait terrible. Alors que le combat faisait rage, une de ces abominations avait déjà ouvert la tête dune femme pour commencer son horrible festin. Nous nous sommes lancés dans le combat et avons commencé à les détruire. Ce fut un dur combat, McFil fut terriblement blessé et tomba inanimé. Toutefois les paysans furent courageux et le combat tourna en notre faveur. Mais alors que nous nous débarrassions du dernier, quelque chose est intervenu. De la taille dun homme, mais plus épais, habillé de métal noir et armé dune masse de métal noir et
la tête en feu ! »
- « Quoi ?! » sexclama Diandra, horrifiée.
- « Oui, la tête en feu, et nous attaquant. Je sais maintenant que cétait un démon mineur. Bon, je vais passer les détails. Disons que je les paysans ont fuit, que le démon ma surpris et que je nai eu la vie sauve que grâce au Seigneur Nakron, un puissant Paladin qui a fait fuir ce démon juste avant quil ne me tue. »
- « Ouf ! » sexclama Diandra ! « Il faudra que je remercie ce chevalier davoir sauvé mon frère ! »
- « Ce qui ma surpris, cest que non seulement il ne tua pas ce démon, mais quil ma interdit de le poursuivre. Lui-même avait plus important à faire à Mithra, a-t-il dit, et quau nom de lintérêt supérieur dAlbion, je devais laisser ce démon vivant. »
- « Surprenant »
- « Oui, dautant que le démon était parti sur la trace des villageois. Le Paladin fit une invocation à Dieu et sortit McFil du coma et nous quitta. Moi, je décidais que je ne pouvais laisser les paysans se faire tuer et je suivais la trace du démon, laissant McFil récupérer ».
Diandra secoua la tête.
- « Toujours le même, Mac, à nen faire quà ta tête quand tu penses défendre la justice
»
Mac sourit et continua.
- « Tu me connais. Jai retrouvé le démon alors quil attaquait les villageois terrorisés. Ce coup, et non surpris, je lai tué. »
- « Bravo, tout est bien qui finit bien, alors. » sourit Diandra.
- « Heu.. pas exactement
Au moment où il sest écroulé une silhouette de feu est apparue, de 3 mètres de haut. Cette créature avait un visage visible à travers les flammes, il me regardait avec haine et dune voix froide me dit : « Pour avoir abattu mon lieutenant tu périras. Je te tuerai moi-même. Mais pas maintenant, je nai pas le temps, car je te réserve une mort très longue et douloureuse ! Pour être sûr de te retrouver, je vais te marquer de mon sceau ! ». Il tendit sa main vers moi, un rayon noir me frappa à la poitrine, jai perdu connaissance. »
- « Wow. Et ensuite ? »
- « Je me suis réveillé à Camelot, où les paysans mont amené. Javais cette marque à la poitrine ».
Mac prit le temps de sortir sa cotte de mailles, sa protection de cuir et de soulever sa chemise de flanelle, sur sa poitrine, à lemplacement de son cur, était dessiné un il noir et inquiétant. En se rhabillant, Mac ajouta :
- « LÉglise maffirme que cest la marque du Maître-Démon, et quil est impossible de leffacer. Que grâce à cela, le Maître-Démon peut effectivement me retrouver
et que je nai pas une chance contre lui. »
- « Cest horrible ! » sécria Diandra. « Que peut-on faire, dis-moi !!! »
- « Et bien cest la raison pour laquelle je vais à la Tombe de Mithra, figure-toi. Michel Sansfer le vieux scribe ma dit que le Maître-Démon ne peut apparaître dans un royaume que si ce royaume contient la Pierre de ce démon. Que si cette Pierre est détruite, il lui est impossible de venir dans ce royaume. Et que cette Pierre est dans une salle cachée des sous-terrains de Mithra. »
- « Tu vas la détruire ? Je vais avec toi ! »
- « Elle est indestructible
sauf si lon a été marqué par le Maître-Démon ! Cest le prix quil paye pour me retrouver
il met en danger sa Pierre ! »
- « Mais quel rapport avec cet Assassin ? »
- « Je ne sais pas
Mais il y a deux jours, alors que je cherchais comment trouver cette Pierre, une étrange jeune femme ma offert beaucoup dor pour que je détruise la Pierre ! Comme je devais le faire de toute façon, jai accepté et jai remis cet or à lEglise. Jai cherché à suivre cette femme pour en savoir plus, mais elle ma semé sans difficulté.. A croire quelle aussi elle fait partie des gens de lombre
et aujourdhui tu me dis quil y a un Assassin qui peut-être mattend
Il y a décidément beaucoup de choses que je ne comprends pas, dans cette histoire
»
Diandra jeta un coup dil tout autour delle et posa la question :
- « Que comptes-tu faire, alors ? Si on capturait ce Sicaire et si on le faisait parler ? »
- « Si lon y va comme cela
Il pourra toujours prétendre être là pour quelquun dautre. Si cela se trouve dailleurs, il nest pas là pour moi. »
- « Que proposes-tu, alors ? »
- « Je vais y aller seul. Je serais sur mes gardes, il ne pourra pas me surprendre et je peux défaire un Sicaire en combat singulier. Sil mattaque il ne pourra nier être là pour moi
»
Diandra avait lair contrarié.
- « Ce nest pas prudent. Cest un assassin professionnel. Et si ses armes sont empoisonnées ? »
- « Daccord. Voilà ce que lon fera : reste à lorée de la forêt, compte deux minutes et suis-moi. Même sil ma blessé avec du poison, entre le moment où je tombe évanouit et la mort, il y a quelques minutes, jai déjà vu leur poison agir
Tu feras appel à Dieu pour me sortir de là
»
Malgré les réticences de Diandra, ils prirent tous les deux la direction de la tombe.
Épisode 2 : Tous pour un, un pour tous.
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Jai fouillé les âmes et les mémoires, pour apprendre même les détails oubliés.
Je choisis de raconter comment Mac, Diandra, Soir et Alfania partirent sur la piste du Chevalier des Hautes Cimes.
Je ne métendrais pas sur linterrogatoire auquel le Sicaire Soir fut soumis par Mac et Diandra. Il fut
rude
mais le résultat en fut étonnant. Asseyez-vous. Ah, vous êtes déjà assis ? Bien bien
Il savérait que Soir était persuadé davoir agi pour le bien dAlbion. Mac était un traître à éliminer car il mettait en danger un projet secret vital pour le Royaume. Dailleurs il avait reçu de lor pour sa trahison, Soir lavait vu de ses propres yeux quand il le surveillait.
Cela me rappelle, il y a environ quatre siècles, comment mon Maître mis à jour un complot Midgardien. Pensez à me rappeler de vous conter cette histoire, un jour.
Où en étais-je ? Ah oui
Soir avait reçu la mission déliminer Mac par un canal secret de la Fraternité des Ombres, qui oeuvre discrètement pour la défense dAlbion. Face à ces révélations, le paladin prit une décision qui sembla saugrenue à Diandra : il libéra Soir, se fiant à son instinct. Il expliqua quil nétait pas un traître. Et que Soir nétait pas son ennemi, sil le fallait, il irait sexpliquer devant la Fraternité elle-même ! Soir fut surpris par cette attitude et décida de donner à Mac le bénéfice du doute.
Ah, je me fais vieux
Laissez-moi minstaller plus confortablement
Pendant que Diandra allait de son coté enquêter dans les milieux cléricaux, Soir et Mac rencontrèrent lOmbre de Camelot, le plus haut responsable de la fraternité que pouvait contacter Soir. Lassassin apprit quil sétait fait manipuler, nul dans la fraternité nayant donné lordre de tuer Mac. Quelquun connaissait suffisamment la Fraternité pour berner un Sicaire débutant comme Soir et lui fournir un puissant poison. La fraternité allait mener sa propre enquête et Soir fut désormais charger de veiller sur la vie de Mac !
Soir fut particulièrement ébranlé. Il laissa entendre que lui entre tous aurait du se méfier des apparences et des soi-disant preuves, mais quand Mac lui demanda pourquoi, il resta silencieux.
- « On dirait que tu as lart de te fourrer dans des situations impossibles. » dit Soir, marchant dun bon pas dans une ruelle sombre de Camelot. « Quest-ce qui ta amené dans cette histoire ? » ajouta-t-il.
- « Le hasard
ou la destinée. » répondit Mac, son pas résonnant sur le pavé. « Jai vu un bel oiseau tout bleu
Je ne savais même pas que cela existait. Je me suis approché de lui
et jai entendu au loin quelquun qui appelait à laide. Cétait Sansfer le vieux sage, qui en quelque sorte doit la vie sauve à cet oiseau. Je le secouru de lattaque dun de ces mort-vivants mangeurs de cervelle. Cest comme cela que jen vins à mintéresser à eux et à être chargé dune enquête. »
- Et bien espérons retrouver ce Sansfer, puisque la femme qui tas donné lor a été retrouvée morte par la Fraternité. »
Soir jeta un regard surpris autour de lui, il était nouveau à Camelot et mémorisait chaque tours et détours de leur chemin. De ruelles en ruelles, Mac lamenait dans les quartiers les plus sombres de Camelot. Les quelques lanternes ne jetaient quune lueur diffuse et laissaient les ombres danser à leur guise.
- « Je suis surpris quun paladin fréquente ce quartier. Il est aussi puant que les marais où jai passé mon enfance !
- Je nai pas toujours été paladin. Je le suis devenu assez tard en fait. Et jai passé des années dans ce quartier, au grand désespoir de mon tuteur, un moine. Ce quartier a plu à Sansfer, puisquil sest établit à lauberge du Rat Noir. Nous y voilà ! » dit-il, avec un large mouvement du bras vers une petite porte de bois noirci, surmonté dune enseigne minable représentant un énorme rat.
Ils poussèrent la porte et à peine entrés furent assaillis par les parfums des jambons pendus aux grosses poutres de bois et par la fumée de la cheminée. Plusieurs tables rondes, éclairées par des petites bougies, étaient dispersées au hasard dans la grande salle où un brouhaha de conversations, de rires et de cris emplissait les oreilles. Des silhouettes encapuchonnées murmurant entre elles, des mercenaires buvant de la bière et racontant à voix haute leurs exploits, des ouvriers, des marchands même
Une faune bigarrée occupait lauberge et ne prêta pas attention aux nouveaux venus.
- « Eh ! Ils jouent aux dés ! » sécria Soir en sapprochant dune table. « Vous avez de la place pour nous ?
- Ah non ! Pas pour Mac ! » répondit un des joueurs, lair contrarié. « Il a une chance de pendu, je ne joue pas contre lui ! »
- « MAC ! SALUT MON POTE ! VIENS ICI ! » sécria quelquun à lallure martiale.
- « McFil, pas la peine de crier, tu sais que je ne suis pas sourd. » répondit Mac avec un sourire.
Mac et Soir sassirent à la table de McFil. Le guerrier avait devant lui une choppe de bière, une tranche de pain et sur la tranche, de la viande rôtie. Mac jetait un coup dil gourmand sur la viande quand Soir lui donna un coup de coude et lui souffla « Regarde ça ! ».
Soir, dun mouvement de la tête, montra une belle jeune femme, à la flamboyante chevelure rousse, et aux vêtements qui en cachaient si peu quils ne servaient que dexcuses aux bonnes murs. Elle discutait avec le patron.
- « Soniak la catin ! » sourit McFil.
- « Wow, je me la ferais bien ! » murmura Soir, le regard avide.
Soniak sapprocha de leur table, se mis derrière Mac, passa ses bras autour du coup du paladin et dit :
- « Mon chevalier préféré ! Il y a longtemps que je ne tavais pas vu ! »
Mac tourna la tête vers elle et lui fit un clin dil amusé. Le patron avait accompagné Soniak, ils passèrent commande. Cest dévorant sa viande que Mac présenta Soir à McFil et entendit les dernières nouvelles. Sansfer avait été retrouvé mort, lui aussi, dans sa chambre à lauberge. Les gardes royaux navaient pas de piste.
Alors que la discussion allait bon train, la porte souvrit et deux ou trois hommes poussèrent des sifflements. Diandra venait dentrer, sa beauté ne passait pas inaperçue, dautant plus que la douceur de son visage contrastait avec son armure et ses armes. Elle sapprocha de la table en souriant, fit un signe amical à Soniak et salua McFil. Ils la mirent au courant de la situation.
- « De mon coté, jai appris des choses intéressantes. » dit Diandra. « Dabord, dans les milieux de léglise et des paladins, ton histoire de la marque du Maître-Démon a fait grand bruit, Mac. De fait, tant de personnes en ont parlé quil est inutile de chercher un suspect de ce coté-là. Par contre, le paladin qui vous a sauvés et qui ta ordonné de ne pas poursuivre le démon
Nakron
il est très connu, cest le Seigneur des Hautes Cimes. Un très puissant paladin, combattant exceptionnel, qui a son domaine dans les Highlands, et que lon na pas vu depuis un certain temps.
- Celui-là même qui ta dit quau nom de lintérêt supérieur dAlbion, tu devais laisser le démon vivant » murmura McFil, songeur.
- « Je sais où est son domaine » ajouta Diandra. « Nous pouvons y aller dès demain. »
- « Ce sera sans moi, hélas. » ajouta McFil. « Demain je pars vers la zone frontière, escorter un magicien qui va enchanter un château contenant une relique dAlbion. Je ne peux me défiler
- Dommage ! Nous serons néanmoins quatre, demain Alfania la paladine nous rejoindra à Humberton.» répondit Mac, qui attaqua vaillamment une deuxième tranche de viande rôtie.
Le lendemain, les yeux bouffis de fatigue, Soir rejoignit Mac et Diandra à la Porte Nord de Camelot. Mac eut un petit sourire ironique, murmura quelque chose à Diandra au sujet de Soniak et ils partirent vers Humberton. Là, Alfania les rejoignit. Même elle et sa juvénile beauté ne purent réellement réveiller Soir, qui somnolait sur sa selle. Le petit groupe senfonça dans les montagnes.
Après une journée sans histoire et une nuit passée dans les froides montagnes, ils arrivèrent dans une gorge étroite barrée dune muraille et dun poste de garde. Ayant décidé de venir en amis, ils sannoncèrent mais virent le passage refusé par le guerrier qui gardait les lieux. Un seul guerrier, mais à laura si impressionnante que nos aventuriers préférèrent rebrousser chemin et tenir conseil.
- « Je perçois une aura très puissante, chez lui. Je ne suis pas sûr que même à quatre on puisse le vaincre. » dit Diandra.
- « Pourtant il faut passer ! » répondit avec une colère contenue Mac.
- « Mais comment ? » répondit Alfania. « Nous avons essayé la diplomatie, dit combien il est important pour nous et Albion de passer et de voir son seigneur, nous avons cajolé et menacé, ce guerrier est plus têtu quune vielle mule !
- Je sais comment faire. » dit Soir. « Son poste de garde na quune issue. Je peux facilement mettre le feu à sa porte, jai ce quil faut. Je peux même produire assez de fumée pour quil meure dans sa bicoque, sans risque pour nous ! »
Mac eut lair horrifié.
- « Soir ! Je te rappelle que ce nest pas vraiment un ennemi ! Il ne fait quobéir aux ordres de son seigneur ! Et ta façon de faire est absolument déloyale !
- Oui ! » ajouta Alfania, « Ce serait une mort horrible et sans honneur pour lui, et une honte pour nous ! De plus tuer un de ses soldats nest sans doute pas la meilleure de sintroduire auprès du seigneur Nakron.
- Pff. » fit Soir, avec un regard dégoûté sur les deux paladins. « Mac, à chaque fois que tu dis quelque chose tu as ta petite suivante pour tapprouver ! » ricana-t-il. « Comment comptes-tu ty prendre ? Tu vas le provoquer en duel ?
- Non, ce nest pas une affaire dhonneur entre lui et moi, tu ny comprend rien ! » répondit Mac, excédé. « Nous allons lui demander une dernière fois de laisser le passage et sil refuse, nous lattaquerons, cest tout ! Nous tâcherons de ne pas le tuer, une fois hors de combat Diandra le soignera et nous passerons.»
Soir leva les yeux au ciel.
Ils prirent le temps de se recueillir, les paladins chantant leurs chants de protection et de combat, Diandra demandant les bénédictions de la Lumière. Comme ils sy attendaient, limposant guerrier en armure de plate leur refusa à nouveau le passage. Mac et Alfania chargèrent tandis que Soir tentait de passer derrière lennemi.
« Pour Albion ! » cria Mac, abattant son marteau de guerre . « Pour Albion ! » cria en écho Alfania, épée levée. Soir ne criait rien, il espérait que les cris des autres détournerait lattention du guerrier
Diandra pria Dieu pour paralyser lennemi, mais Dieu ne sembla pas lentendre. Le guerrier para facilement le coup de Mac et donna un puissant coup destoc à Alfania. Elle cria et chancela, recula, blessée, et Diandra lui lança un sort de soins. Mac, inquiet en voyant Alfania en mauvaise posture, frappa de toutes ses forces vers la tête de son adversaire. Le marteau fit un creux dans le bouclier remonté à la hâte, le guerrier, sur la défensive, recula de deux pas. Il ne put éviter un coup de hache de Soir, et malgré son armure se mit à saigner. Échaudé, il se plaça face à Soir et à Mac. Soir fit tourner rapidement son épée et sa hache, et saccroupit presque pour attaquer le guerrier au creux du genou, au point faible de larmure. Mais lennemi dévia le coup avec son épée et sur le retour de larme blessa Soir à lépaule, le forçant à lâcher sa hache sénestre. Déjà Diandra priait pour refermer la blessure de Soir
Le guerrier le remarqua et, bousculant Mac de son bouclier, fit un bond vers Diandra et la blessa dun coup au bras gauche. Alfania, qui avait été soignée par la magie de Diandra, sinterposa. Mac décida de tenter le tout pour le tout et hurla : « Tous sur lui MAINTENANT ! »
Les quatre compagnons, tous blessés, se jetèrent ensemble sur ladversaire, cela passerait ou casserait. Le guerrier para lattaque de Mac, mis hors de combat Diandra, mais ne put éviter totalement les attaques de la paladine et de Soir
Il sécroula, touché au dos et à la poitrine, et tomba au sol.
Diandra était faible mais consciente, ils sassirent tous, ou plutôt se laissèrent tomber au sol, exténués, affaiblis par les pertes de sang
« Vous allez payer votre trahison ! » dit une voix vers le passage dans la muraille
Un chevalier, avec le même blason que le guerrier à terre, sortit son épée et sapprocha deux, suivi dune vingtaine dhommes darme
Épisode 3 : le jugement
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Peut-être une fois que jaurais terminé cette histoire pourrais-je sonder votre esprit ?
Le chevalier fit un geste à ses hommes qui commencèrent à encercler le petit groupe. Il leva lépée pour donner le signal de lattaque, mais Mac cria « STOP ! » et se tourna vers Diandra.
- « Soigne le garde maintenant, sinon il va mourir. »
Diandra hocha la tête, se tourna vers le garde inconscient au sol. Un certain flottement se fit sentir chez les guerriers autour deux. Diandra incanta calmement et une lumière dorée entoura lhomme, qui aussitôt ouvra les yeux, lair faible. Mac se tourna vers le chef.
- « Voilà, vous pouvez nous combattre, maintenant. Mais nous ne sommes pas vos ennemis. Cest juste que nous sommes prêts à prendre tous les risques pour voir le Duc Nakron, cest trop important pour que lon abandonne. »
Le capitaine les regarda dun il songeur.
- « Bien. Prenez leurs armes. Nous allons les amener au Duc, qui décidera ! »
Ils firent le trajet libres, mais sans armes et au milieu de guerriers. Ni le château aux hautes murailles ni limpressionnante vue sur le ravin au bord du chemin ne distrairent leur pensées. Comment allait réagir le Duc ?
Ils le trouvèrent à genoux, en train de relever son jeune fils. Dans une salle, les tentures illustrant les exploits des Paladins de la famille et les hauts meubles de bois se disputaient lambiance avec des dizaines de jouets répandus un peu partout. Dautres personnes entrèrent également dans la salle. Lenfant fut promptement emmené par une gouvernante, sur un signe du Duc.
- « Mac ! » sécria une jeune femme tout de vert vêtue, avec un geste du bras et un sourire.
Un homme petit et gros se tourna, surpris, vers la jeune femme :
- « Tu le connais, Louvéa ?
- Oui, jai mené quelques missions avec lui. Cest un paladin. » dit-elle avec un clin dil à Mac. Alfania jeta un regard froid à la jeune femme.
- « Et bien ton ami est en mauvaise posture, cest un danger pour Albion, et peut-être tous ceux qui laccompagnent. »
Diandra poussa une exclamation de surprise indignée, avança et se prit les pieds dans une espèce de jouet de couleur jaune. Elle fut rattrapée par Soir et de colère donna un coup de pied à la boule jaune. Celle-ci fit un bond en poussant un glapissement aigu ! Le gros homme près de Louvéa poussa un cri de colère et se précipita pour prendre la créature jaune dans ses bras. Il hurla « Vous êtes folle ? Brute ! ». Diandra, surprise, regardait avec stupeur la boule jaune, dans laquelle elle distinguait deux petits yeux noirs.
- « Laissez mon familier tranquille ! »
Une grande femme brune aux yeux clairs éclata dun rire cristallin.
- « Ah Elmonchon, qui se douterait que cest le familier dun puissant magicien ! »
Elle se tourna vers Diandra, posa sa harpe sur une table et dit :
- « Je pense quElmonchon se laisse emporter par ses émotions. La seule personne avec qui nous avons un vrai problème est Mac Leod.
- Oui, Sajolie a raison, cest Mac le danger pour Albion, il faut léliminer. » ajouta une petite femme boulote, aux cheveux courts et drus. Elle remonta un peu sa robe bleue et sassit près du Duc.
- Du calme ! » dit le Duc, en sasseyant, avec le plus grand manque de respect pour le protocole, sur la table, à coté dun jouet en bois. « Nous nallons pas prendre de décisions hâtives et injustes. Jugeons !
- Eh ! Quest-ce que cest que cette histoire ? » sécria Mac « Pourquoi donc devrais-je être jugé ?
- Du calme, jai dit ! » répéta Nakron. « Mac, jusquà il y a peu, nous pensions que tu étais un traître, payé par Hybernia pour détruire la Pierre. Nous tavons fait surveiller par Soir, et nous avons su que tu as reçu de lor. La majorité de notre groupe a voté pour ton élimination. Notre projet est trop vital et trop secret pour Albion pour que nous prenions de risques. Depuis peu, nous avons eu des renseignements supplémentaires, comme le fait que tu ais remis lor à léglise. Nous pensons désormais que tu nes pas un traître. Toutefois, comme tu es le seul à pouvoir détruire la Pierre du Maître-démon, tu es de fait le plus grand danger pour notre projet. Du coup certains dans le groupe pensent que tu dois être éliminé. »
Louvéa eut une expression horrifiée, et les membres de notre petit groupe prirent tous la parole à la fois pour protester. Le Duc fit un geste et ramena le silence.
En désignant la femme en bleu et un grand guerrier au visage grêlé, il reprit :
- « Tu auras loccasion de parler, Mac. Pour linstant écoute. Narfarielle et Oloman pensent que tu es trop dangereux pour rester vivant. Sajolie la barde et moi-même pensons que les valeurs dAlbion doivent nous guider, il serait injuste de te tuer. Quant à Elmonchan le mage, au guerrier Defers et à larcher Fenerik, ils sont indécis.»
Ces deux derniers, un petit homme habillé de vert comme Louvéa et un géant brun hirsute en plate, se tenaient derrière le gros mage. Elmonchan posa sa lourde masse sur une chaise et prit la parole.
- « Je suis davis que Mac vive. En fait je pense quil peut nous être utile. Nous ne sommes pas sûrs de la position exacte de la Pierre. Jai fais des recherches et je pense quà cause du lien spécial de Mac et de la Pierre, sil passe à coté, il la sentira. Mac devrait être intégré à notre groupe. »
Ce fut au tour des occupants du château de prendre la parole tous à la fois. Une fois de plus Nakron ramena le silence, et une discussion plus ordonnée sensuivit, où seul gardait le silence le groupe des quatre et Louvea. Il fut décidé que Mac vivrait, sans quil ait eu à défendre sa cause.
Nakron se tourna vers Louvea et lui dit de se mettre avec les quatre autres. Il leur demanda de jurer que sur leur vie, sur leur âme, sur Albion et sur Dieu que ce quil leur dirait resterait absolument secret. Tous prêtèrent serment.
Et Nakron commença à révéler le plus grand secret dAlbion.
Épisode 4 : Une Pierre dans le jardin dHybernia
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Écoutez
avec vos oreilles, mais votre âme aussi
.
Nakron se tût un instant puis dit :
« Il y a quelques temps, en Hybernia, une de nos espionnes a essayé de voler un manuscrit. Cest Erlanghial, un vieil elfe érudit, qui avait découvert ce texte. Il en était tout retourné, disait quil sagissait dune prophétie quil fallait absolument faire échouer, pour lavenir dHybernia. Il prit la route pour leur capitale, afin de prévenir les seigneurs de ce royaume. Cest sur le chemin que Méchaelle, notre espionne, fit sa tentative. »
Il jeta un coup dil embarrassé à Louvéa, dont le visage sétait fermé. Elle semblait lutter pour garder le contrôle delle-même, respirant dune manière trop contrôlée pour être naturelle et avait lil humide. Il reprit :
« Méchaelle était une amie de Louvéa. Je suis désolé, Louvéa. Erlanghial la surprit, ils se battirent, Méchaelle fut blessée mais tua lelfe et sempara du rouleau. Nous ne savons pas comment, mais les hyberniens furent au courant et donnèrent la chasse. Méchaelle fut à nouveau blessée, si gravement quelle mourut dans la zone frontière, entre les bras de la patrouille menée par Louvéa. Elle eut juste le temps de raconter brièvement son histoire et de remettre le rouleau. »
Nakron bougea un peu et continua.
« Nous avons pu déchiffrer le rouleau. La prophétie parle de la Pierre du Maître-Démon dAlbion. Elle dit que bientôt les mages dAlbion se serviront de cette Pierre pour vaincre Hybernia.
Il y a une Pierre par royaume, et chaque Pierre peut être activée par un mage, si celui-ci est assez puissant et possède les connaissances nécessaires. Cela a rarement été fait. Dabord, activer une Pierre dans son propre royaume est stupide. Cela fait apparaître, dans la région de la Pierre, des portes vers les enfers. Par ces portes viennent des mort-vivants et des démons. Même le Maitre-Démon peut apparaître, si le mage qui active la pierre a le pouvoir nécessaire. »
Nakron fit un signe de tête à Narfarielle, la petite femme en bleu. Celle-ci reprit le récit.
« Une fois, un prêtre de Midgard sest introduit en Hybernia et a activé leur Pierre. Cela a semé quelques temps la terreur, mais les hyberniens trouvèrent et tuèrent le prêtre, lactivation de la Pierre cessa. Midgard a perdu un de ses plus puissants religieux, et aucun royaume ne tenta à nouveau lexpérience.
Mais la prophétie dit que lon peut activer la Pierre dune manière beaucoup plus puissante
Du coup, nous cherchons notre Pierre, afin de létudier. Si, en se basant sur la prophétie, nous perçons le secret de la Pierre, nous pourrons envoyer un mage en Hybernia, pour faire une activation beaucoup plus puissante que toutes celles qui ont été tentées jusquà présent. Pendant un mois complet, leur royaume sera attaqué par les forces infernales, même si notre mage repart en Albion. Ce coup serait assez fort pour affaiblir gravement Hybernia.
Hybernia cherche à nous contrecarrer. Ici, ils ont payé Mac pour le motiver dans la recherche et la destruction de la Pierre. Mais surtout, dans leur royaume, ils ont cherché et trouvé leur propre Pierre. Ils lont cachée, sans doute bien gardée et bardée de protections magiques. Ce ne sera pas facile de la trouver et de lactiver. »
Nakron sourit et dit : « Du moins cest ce que nous cherchons à faire croire aux espions Hyberniens et à leurs dirigeants. La vraie prophétie na rien à voir avec cela et est beaucoup plus impressionnante, la voilà
. »
Épisode 5 : la révélation
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part.
Où en étais-je ? Ah oui, le Duc sapprêtait enfin à révéler la vérité. Je ne vous ferai pas languir plus longtemps en vaines digressions sur ce quest la vérité, autant en venir tout de suite à lessentiel. Je suis sûr que vous pensez comme moi et que vous préférez entendre la révélation tout de suite, plutôt que de mentendre rabâcher je ne sais quoi à propos de choses et dautres. On ne ferait que perdre notre temps. Et dailleurs vous ais-je parlé de mon ancien maître, quand il
bon, bon, jarrête, pardonnez cet humour facile, mais à mon age samuser est une chose rare
.
Le Duc disait donc
.
« La véritable prophétie avertit Hybernia que le Roy Arthur va revenir et mener son royaume à une victoire définitive contre Hybernia et Midgard. »
Mac ouvrit de grands yeux, à la fois surpris et emplis dune soudaine espérance. Diandra laissa échapper une exclamation incrédule, Alfania sappuya sur une chaise et Soir murmura ; « Impossible
», Louvéa dit « Et bien
pas étonnant que lelfe fut tout retourné
» Nakron laissa un instant sécouler, que tout le monde puisse absorber la nouvelle
Il reprit.
« Pas en chair et en os. Arthur est mort, et rien ne changera cela. Mais si nous trouvons la Pierre et faisons la bonne cérémonie, lâme dArthur chassera le Maître-Démon de la Pierre. Lâme dArthur sinstallera pour toujours dans la Pierre et utilisera sa puissance magique pour soutenir Albion.
En pratique.. Cela veut dire que nous aurons une nouvelle relique, inconnue des autres royaumes. Cette relique à elle seule sera plus puissante que toutes les reliques existantes réunies et sera indestructible. Nous naurons pas besoin de lexposer en lapprochant des zones de combat, comme les reliques actuelles, nous pourrons la garder à Camelot même. Elle rendra nos assassins et espions indétectables. Nos mages auront plus de puissance. Nos prêtres, nos moines, nos guerriers et chevaliers
tous deviendrons beaucoup plus puissants ! Notre Roy Arthur, grâce à la Pierre, nous permettra denvahir et de soumettre jusquau cur des royaumes ennemis
»
Il fit une pause
. Et ajouta : « Enfin cette guerre entre les trois royaumes sera terminée, et nous connaîtrons la paix. »
« Si nous arrivons à réaliser la prophétie » ajouta Narfarielle. « Avant tout il nous faut trouver la Pierre. Ensuite il nous faut des informations supplémentaires sur la cérémonie, quil faudra carrément aller chercher en Hybernia. Ensuite seulement nous pourrons faire la cérémonie liant à jamais lâme dArthur et la Pierre. Cela fait beaucoup. »
Elmonchan le mage, tout en grattant la créature jaune qui lui servait de familier, intervint.
« Trouver la Pierre est difficile. Elle est cachée à la fois matériellement et magiquement. Les informations de Sansfer étaient incorrectes, Mac, la Pierre nest pas dans Mithra. En fait, le seul moyen que nous ayons de la trouver est de lactiver. Une fois active, elle émet une sorte daura que les mages de notre groupe peuvent détecter, avec de la chance. Ce coup-ci, avec votre aide, Mac, nous sommes sûrs de la trouver. Mais attention, que personne ne fasse comme la dernière fois ! Hélas, quand la Pierre est activée, mort-vivants et démons apparaissent. Vous pouvez combattre les mort-vivants, pas les démons. Si vous ne tuez ne fut-ce quun seul démon, la Pierre devient beaucoup plus difficile à détecter. Cest pour cela, Mac, que la dernière fois nous navons pas trouvé la Pierre. Elle était là, activée, mais encore plus difficile à trouver à cause du démon que vous avez tué ! » Elmonchan ne put sempêcher de prononcer ces dernières paroles dun ton coléreux.
Nakron reprit dun ton apaisant : « Le passé est le passé et nous avons tous commis des erreurs. Maintenant, nous devons préparer lavenir. Mac, nous comptons sur vous. Que pensez-vous de tout cela ? »
Mac réfléchit un instant et dit :
« Ce quil me vient à lesprit est que je dois lutter pour détruire cette Pierre. »
Épisode 6 : où lon choisit
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part.
Un silence de plomb accueilli la déclaration de Mac. Elmonchan le rompit : « Voilà qui va renforcer ceux qui pensent que vous être trop dangereux pour que lon vous laisse vivant. Expliquez-vous ! »
La tension était palpable. Alfania avait lair perdue, mais elle se rapprocha, protectrice, de Mac. Soir regardait Mac dun il inexpressif.
« Jai dit que cétait ce qui me venait à lesprit, pas ce que jallais faire. » dit Mac. « Instinctivement, ce projet me hérisse. Il faut que lâme du Roy Arthur senferme à jamais dans une Pierre maléfique ? Nest-ce pas dangereux pour lui ? Et puis même sil chasse le Maître-Démon et contrôle la Pierre pour le bien dAlbion, est-ce juste que pour léternité son âme soit au service du royaume ? Nas-t il pas droit de rejoindre la Lumière ? »
Mac pencha la tête, pensif. « Et il faut, pour parvenir à nos fins, autoriser des démons à parcourir nos terres ! Des gens en meurent ! Vous me parlez dun avenir radieux mais si je me fie à ce que je vois, pour linstant on fait le mal. »
Tout à coup le visage de Soir se changea en masque de fureur. Il sécria :
« Pour qui te prends-tu, petit paladin ! Tu vois, tu juges et tu tranches ?? Toi tu sais ce qui est bien ou pas, peu importe la puissance et le rang de ceux que tu as en face ? Toi tu sais ce qui est juste et eux non ? Toi
toi
tu juges daprès ce que tu vois !! Vois plus loin, imbécile ! » Soir était rouge de fureur. Il se dirigea et vers le corridor et ajouta, dune voix basse mais coléreuse : « Jai besoin dair pour me calmer ! »
Mac le regarda partir, une expression ahurie sur son visage. Le Duc leva un sourcil et dit : « Que lui arrive-t-il ? Il est fou ? »
Louvea répondit : « Non, Messire. Ce nest pas un ami, mais jétais dans la même région que lui pendant sa jeunesse. Il sest passé quelque chose que toute la région a su et qui probablement explique ses paroles aujourdhui. »
Elle fit une pause et reprit : « Soir a vécu un amour passionné avec une jeune femme des bois. Il sentait que quelque chose la perturbait mais celle-ci ne voulait pas révéler son secret. Un jour il l'a suivie et a trouvé un homme en train de la menacer d'une arme. Il a tué cet homme, de justesse, et a été gravement blessé.
Mais cet homme était le père de la femme et menaçait sa fille pour l'empêcher de la suivre, il navait pas lintention de la tuer, au pire il l'aurait blessée. Celle-ci voulait le suivre dans un endroit très dangereux où son frère était prisonnier, pour le libérer. Son père ne voulait pas qu'elle vienne. Désormais seule et désespérée, elle soigna Soir, l'abandonna là, et parti seule à la recherche de son frère. Soir retrouva leurs deux cadavres une semaine plus tard. Il jura publiquement de les venger, et puisquil avait tué, assassin il serait. Depuis il se méfie comme la peste des gens qui jugent rapidement daprès ce quils voient
» ajouta-t-elle en regardant Mac. Elle ajouta dune voix forte « Mon amie Méchaelle est morte pour nous ramener cette prophétie. Pour ma part je lutterai pour la réaliser ! »
Le Duc et ses amis gardèrent le silence, attentifs aux paroles échangées. Diandra, dune voix posée, prit la parole : « Allons, gardons notre calme. Moi, ce qui minquiète, cest que cette nouvelle relique namènera pas la paix. Elle nous permettra de faire la guerre dans les royaumes ennemis, de les dominer. Oh bien sûr, je préfère quAlbion gagne. Je suis prête à offrir ma vie pour le royaume et pour Dieu. Mais je crois que les trois royaumes pourraient vivre en paix
»
Mac la regarda et dit « Je navais pas pensé à cela, ma sur. Mais bon
» Il regarda le sol. « Javoue que je suis un peu perdu. Je veux faire ce qui me semble juste, mais parfois je ne sais pas ce qui est juste. Soir a sans doute raison. Je ne suis quun jeune chevalier. »
Mac mit un genoux en terre devant le Duc Nakron. « Messire, je sais que vous êtes un paladin du cinquantième cercle. Vous êtes un Grand du royaume. Vous servez léglise et le Roy. Je vous fais confiance, je respecterai mes vux de paladin et obéirais aux ordres que vous donnerez. »
Un sourire chaleureux éclaira le visage du Duc. Diandra, Soir et Alfania prirent la même décision que Mac, même si Diandra ajouta quelle prierait pour quAlbion impose la paix et non la destruction. Soir revint, calmé, et sengagea aussi.
Nakron prit un visage grave. « Maintenant que vous avez pris votre décision, je vais vous présenter le chef de notre groupe secret. » Comme sil nattendait que ces paroles, un vieil homme entra dun pas ferme. Ses cheveux blancs et son visage buriné de mille rides ne pouvaient rien contre la puissance qui se dégageait de sa silhouette musclée. Le Duc et sa compagnie firent une révérence, et un sentiment de respect envahit Mac et ses amis.
« Bruce McAllister, membre du Conseil Royal
» souffla Soir. Mais cétait inutile. Tout le monde connaissait au moins de vue le vieux chevalier, vieil ami du Roy, quelquun qui avait aidé le Roy à chasser les derniers partisans de Mordred et dont la bravoure est légendaire.
Le vieux chevalier ne resta que peu de temps. Il les félicita pour leur décision et les assura quainsi ils servaient au mieux Albion. Seule Diandra était un peu inquiète. Oh bien sûr elle servirait Albion
Mais McAllister nétait certainement pas une colombe de paix
Ils passèrent tous à table, et après le repas le Duc exposa ses plans.
Pour pouvoir réaliser la cérémonie finale, il fallait aller chercher en Hybernia un parchemin. Ce parchemin était dans un fort près de la frontière du royaume elfique. Il fut décidé dune attaque de diversion, sur un village fortifié près du fort, pour faire sortir la garnison de celui-ci, et attaquer le fort pendant ce temps.
Mac a cru comprendre quil serait chargé de la diversion, il fit remarquer que cétait une sale guerre que dattaquer un village de civils. Le Duc fit venir un guerrier dans la salle. Mercenaire et capitaine des mercenaires, cest lui qui mènerait lattaque du village. Il fit une grande impression, un highlander à lallure barbare mais au charme certain. Même Diandra, pourtant amoureuse dun autre, se prit à lui jeter un regard intéressé.
Si la mission des mercenaires semblait sans gloire, elle était en fait presque une mission suicide, car ils seraient pris entre deux feux, la milice du village et la garnison de lautre. Quand le mercenaire eut, avec professionnalisme, mis au point tous les détails, il quitta la salle, une carte dans la main.
Soir, lair dubitatif, dit
- «Avez-vous vraiment confiance en lui ? Je le connais de réputation, il aime lalcool, les femmes et tricher aux cartes. Il y a même une rumeur qui dit que cest un assassin, mais libre et non Sicaire de la Fraternité comme moi. Je ne sais pas si cest une bonne idée de lui confier cette mission critique
- Panda McKeen est digne de confiance. Je lui confierai ma vie. » répondit le Duc. « En fait, dune certaine manière, cest que je vais faire. Vous aussi, Diandra, car vous nous accompagnerez. Ainsi que Louvéa, elle sera notre éclaireur. »
Il se tourna vers Mac et Soir. « Vous irez chercher la Pierre, avec Elmonchan et Narfarielle. »
Épisode 7 : la mort de Louvea et de Panda McKeen
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Pardonnez-moi de passer les détails et de ne conter que les épisodes importants, comme la mort de Louvéa et de Panda McKeen.
La troupe de Panda McKeen écoutait son chef, les couleurs du clan flottant à lair.
Panda se tourna vers Diandra. « Vous restez dans le petit groupe de commandement. » A lattention de ses lieutenants il ajouta :
« Les scouts nous ont précédés de deux heures. Ils se sont divisés en trois groupes. Un groupe cherche les éclaireurs adverses, pour nettoyer autant que possible la forêt avant que lon sy enfonce. Le groupe 2 a pris position près de notre objectif, le village fortifié. Ils intercepteront les scouts ennemis se rendant au village pour donner lalerte. Si tout va bien nous surprendrons le village. Un autre groupe se tient près du château pour intercepter les scouts sy rendant. Ce groupe laissera passer un ou deux ennemis, pour que nous soyons sûrs que la garnison soit avertie et vienne au secours du village.
Le Duc et sa troupe nous suivent à une heure décart. Dès que le village sera attaqué, ils obliqueront vers le château, lobjectif réel.
Nous attaquerons le village avec une première vague. Il faut frapper assez dur pour les affoler, mais après lattaque nous nous retirerons dans la forêt. La deuxième vague dattaque ne comprendra que deux tiers des hommes, un tiers restera caché dans la forêt. La deuxième vague maintiendra lattaque jusquà larrivée des renforts Hyberniens. A ce moment-là les troupes de réserve sortiront de la forêt et attaqueront par derrière les renforts Hyberniens, le temps que la troupe principale se replie.
À partir de là, il faudra mener une retraite ordonnée, les scouts nous y aideront en harcelant lennemi. »
Mais trahison et piège perturbèrent ce plan. La première vague avait bien surpris le village. Les cris et le bruit de lacier contre lacier emplissaient lair. Dans le feu de la bataille, un homme cria quelque chose à Panda, qui fit un signe et le suivit vers la forêt, suivi de Diandra, de Louvea et deux autres personnes. Là, alors que Panda semblait engueuler Louvéa, un groupe dhommes sortit du sol, comme sils apparaissaient soudain de nulle part. Blonds et sauvages, ils ressemblaient à des Midgardiens. Leur attaque surprise avec des armes empoisonnées décimèrent le groupe. Les Hyberniens, ayant vu le sort du chef Albionnais, avaient repris courage. Les mercenaires rompirent le combat et repartirent vers la forêt, vers les assassins Midgardiens.
Ceux-ci ne les attendirent pas. Les mercenaires ne purent que soigner Diandra, inconsciente mais vivante. Panda McKeen, Louvea, un autre mercenaire et lautre clerc du groupe étaient morts. Ils furent placés sur des mulets, avec les autres Albionnais morts durant lattaque, couverts dune couverture, pour être ramenés et enterrés en Albion. Diandra, à peine remise, décida de continuer le plan, et une seconde vague attaqua le village.
Épisode 8 : instinct ou volonté ?
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Savez-vous que certains, avant de mourir, vivent un kaléidoscope de souvenirs, et que dautres ne sont quune émotion, de peur ou de surprise ?
Pour Mac, le temps se démultiplia, dans un ralenti où chaque action mettait une éternité à saccomplir et où entre chaque éternité un souvenir, clair et vif, emportait sa conscience dans le passé.
La boule dobscurité se forma dans la main du démon.
Les images de larrivée dans la région de Mithra se bousculèrent dans la tête de Mac. Le feu de camp, la petite magicienne Narfarielle, lair grave, le sombre maître darmes Defers veillant sur elle, Elmonchan le mage au tempérament sanguin et son étrange familier jaune, Soir et Alfania discutant à voix basse, Oloman lautre maître darmes et sa brillante armure de plate, tous passèrent dans son esprit, visages et voix. La cérémonie activant la Pierre
la recherche prudente de la Pierre, guidée par la magie dElmonchan
la Pierre elle-même semblant attirer Mac
et ce démon, attaquant par surprise, avec un groupe de mort-vivants, la deuxième attaque de la soirée.
Dans ce nuage de lenteur, instinctivement, Mac bondit pour frapper le démon
Il leva son marteau lentement lentement et le démon millimètre par millimètre tourna sa main vers lui. Seule laction était au ralenti, lesprit de Mac fonctionnait très vite, il avait déjà calculé toutes les trajectoires, savait quil tuerait le démon à peine avant que celui-ci ne termine son sort, avant que la boule ne parte.
La boule dobscurité pulsa une première fois.
Dans le silence de cette action où le temps se divisait infiniment, Mac vit son marteau se placer, sentit son corps se tendre, sa puissance saccumuler, et revit la mort dOloman.
Le premier démon les avait attaqués en plein combat contre des mort-vivants. Aussitôt les deux maîtres darme sétaient interposés entre le démons et les mages, en les défendant mais sans attaquer le démon. Mac, Soir et Alfania repoussaient les mangeurs de cervelles. Narfarielle et Elmonchan furent très rapides à lancer le sort renvoyant le démon aux enfers. Pas assez rapide, toutefois. Le démon, incapable de percer la défense des maîtres darmes, tendit la main vers Oloman. Une boule de noirceur absolue apparut dans la main du démon, pulsa trois fois et partit vers le guerrier. Celui-ci fit un pas de coté pour esquiver. Cela a presque marché. La boule, comme douée de conscience, changea de direction et réussit à le toucher, tout juste.
Elle passa à travers larmure de plate, sans une trace. Oloman poussa un cri curieusement faible, sans force. Il sécroula, sans vie. Plus tard ses amis virent son cadavre flétri comme si les ans étaient tous venus dun coup. Le démon dit que son âme était délicieuse. Il ne put en dire plus, lincantation des mages le renvoya aux enfers.
Maintenant aussi, leurs voix étrangement déformées par ce long ralenti, les mages lançaient leur sort. Là aussi Mac savait quils réussiraient trop tard, la boule serait partie. Enfin, il tuerait le démon juste avant. Le temps prenait son temps, Mac commença son attaque
La boule noire pulsa une deuxième fois.
La scène de la dernière discussion avec Soir, juste après quElmonchan ait rappelé les consignes, simposa à lesprit de Mac. Soir parlait dAlfania la paladine.
- « Tu as vu comment elle ta défendu contre Defers ? Une vraie tigresse ! » dit-il avec un sourire.
- « Oui, elle ne laisse personne mattaquer, que jai tort ou raison. » répondit Mac en souriant aussi. Soir reprit :
- « Elle est belle
et amoureuse de toi, cela crève les yeux. Et toi, elle ne te plait pas ?
- Non. Enfin, je la trouve belle, bien sûr. Et elle me vénère, elle me place sur un piédestal et me prend comme modèle. Moi jai beaucoup daffection pour elle. Et je men sens un peu responsable, aussi, du coup. Mais mon cur nest pas à elle.
- Ah bon ? A qui donc ? » demanda Soir dun ton curieux.
- « A une gente Dame qui est déjà éprise dun autre paladin ! » répondit Mac en haussant les épaules. « Cest ironique, un highlander qui me ressemble comme deux gouttes deau. Enfin, cest comme cela et je ne chercherai pas à briser leur couple. »
La boule pulsa une troisième fois alors que Mac, dans ce temps sétirant à linfini, dirigeait son marteau vers la tête du démon.
Juste après quoi ? Oui cette discussion avait eu lieu juste après quElmonchan ait rappelé les consignes.
- « Je rappelle à tous que les mort-vivants sont en chasse libre, mais quil ne faut pas toucher à déventuels démons si lon veut avoir une chance raisonnable de trouver la Pierre », dit Elmonchan. Il reprit « Mais Narfarielle et moi avons pris nos précautions, si notre sort fonctionne correctement il ny aura pas de démons, juste quelques morts-vivants.
- Même un assassin débutant et un petit paladin peuvent en venir à bout. » ajouta dun ton dédaigneux Defers le maître darmes, avec un regard vers Mac.
- « Inutile de manquer de respect, Messire ! » intervint Alfania, dun ton coléreux.
- « Du calme. » dit Narfarielle. La petite magicienne ajouta : « Si un démon apparaît, la consigne est de se défendre et de ne pas riposter. Empêchez-le juste de parvenir jusquà Elmonchan ou moi, car dès que nous verrons un démon nous lancerons un sort pour le bannir et le renvoyer aux enfers, sans le tuer. Mais cela nous prendra un certain temps pendant lequel vous devrez survivre et nous protéger. Enfin, comme la dit Elmonchan, avec un peu de chance, pas de démons. Pour linstant, nous allons nous reposer, nous attendrons le milieu de la nuit avant dactiver la Pierre. »
Le groupe se dispersa aux alentours du feu de camp, certains préférant se retrouver seul à seul avant lépreuve, dautres se réunissant par petits groupes. Soir et Mac sassirent côte à côte et parlèrent.
La boule de nuit pulsa une troisième fois.
Mac, sa volonté se ruant contre son instinct, bondit vers larrière. Il ne tuerait pas le démon. Il ne fallait pas. Il fallait obéir aux ordres. Bien sûr, il en mourrait, comme Oloman, mais nétait-il pas paladin et prêt à se sacrifier ?
Lentement, la boule quitta le démon, droit vers Mac. De toute sa vitesse Mac plongeait, mais il savait que la boule latteindrait. Il navait plus quun instant à vivre, une éternité.
Une ombre sinterposa.
Le temps repris son cours normal ou même alla plus vite ! Les deux mages terminèrent lincantation expulsant le démon au moment où Alfania, sans vie, sécroula dans les bras de Mac, quelle venait de sauver.
Épisode 9 : La cérémonie
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Laissez moi vous conter la fin de cette histoire, du moins cest ce que pensaient le Duc et mon maître à ce moment là.
« Ce soir la cérémonie aura lieu. Cela ne me plait décidément pas. » dit Mac, irrité. Il marchait, nerveux, de long en large.
Ils étaient dans une petite pièce du château du Duc. Appuyé contre le mur, Soir haussa les épaules. « Je tai déjà dit ce que jen pense. Ne juge pas juste daprès ce que tu sais, les apparences sont trompeuses. Fais donc un peu confiance ! »
Cétait le matin, et ils nétaient quà quelques heures de partir pour la petite chapelle qui, dans les terres de Nakron, était lendroit le plus adapté pour la cérémonie magique. Diandra, assise près de son frère, ajouta :
« Lidée de Panda était très astucieuse. Se faire passer pour morts les a aidés, Louvea et lui, senfoncer en Hybernia. Cest leur retour qui a été périlleux. »
Mac haussa les sourcils « Quest-ce qui sest passé ? »
- « Lattaque de la bibliothèque Elfe sest bien passé, Panda sest débarrassé du garde, quelquun de dangereux, mais Mc Keen lest aussi, et il avait lavantage de la surprise. Louvea a guidé aussi bien pour laller que le retour. Pour pouvoir passer les lignes ennemies, ils comptaient sur une diversion, une seconde attaque du Duc et de ses hommes.
- Et ? » demanda Soir.
- « Et ils tombèrent sur une forte troupe Hyberniene qui allait à la rencontre de nos hommes. Ils durent fuir vers Hybernia ! Ils revinrent en faisant un crochet, mais des chasseurs lancés à leurs trousses faillirent les intercepter. Panda a dit à Louvea de fuir, quil les retiendrait, mais grand coup de chance, juste à ce moment-là une scout elfe rappela les ennemis pour quils soccupent dun groupe de nos soldats passant à proximité. »
Avec un sourire Diandra conclut : « Il eut mieux valu pour nos ennemis quils restent et empêchent Louvea et Panda de passer, car désormais nous avons le rouleau qui nous manquait pour réaliser la prophétie ! »
- « Et ce soir lâme dArthur investit la Pierre ! » reprit Mac. Il se dirigea vers le couloir en ajoutant « Jai besoin dêtre seul ! Je vais chevaucher un peu ! A ce soir » !
Soir, un ombre triste sur le visage, le regarda partir. « Il essaie de cacher ses émotions. Il ne parle pas delle, mais il est affecté par la mort dAlfania. Il se sent responsable. »
Diandra hocha la tête. « Elle me manquera aussi, cette paladine au cur pur. »
Plus tard, bien plus tard dans la soirée, après un étrange rituel, la Pierre brillait dun feu rouge dans la pénombre de la chapelle. Dehors les gardes étaient sur le qui-vive.
Nakron prit la parole : « Et bien voilà. La fin dune aventure pour nous, la Pierre est activée avec lâme dArthur pour la contrôler. Nous avons fait ce que nous avons eu à faire, et des vies se sont sacrifiées pour cela. Maintenant, cest une nouvelle aventure pour Albion qui commence, grâce à la puissance que cette nouvelle relique est en train daccumuler pour le Royaume. Vive Albion ! Pour Arthur ! Pour Albion ! Pour le Roy ! »
Tout le monde repris ces cris. Une nouvelle ère allait commencer.
Pendant ce temps, loin en Hybernia, Selicia, lassassine hyberniene, assise sur une branche darbre, ombre parmi les ombres, songeait à sa dernière mission, on lui avait ordonné de faciliter la fuite de Panda et de Louvea. Si elle nétait pas intervenue pour détourner le groupe de chasseurs, ces deux là seraient morts pour de bon, à lheure actuelle. Elle ne connaissait pas le dessous des cartes, dans cette affaire. Mais bon, elle navait pas à tout savoir. La seule chose quelle savait, et ils étaient bien peu à le savoir en Hybernia, cétait que pour lavenir dHybernia, Panda et Louvea devaient ramener chez eux un rouleau contenant une cérémonie soigneusement mise au point par les plus grands mages dHybernia. Cétait une mission prioritaire, un coup terrible porté à Albion.»
Épisode 10 : La fin et les moyens
Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Victoire est-il synonyme de Bien et Défaite de Mal ? La question sest posée
Soir sapprocha de Mac.
- « Jai à te parler. Et je pense que ce que je vais tapprendre ne va pas te plaire
»
Mac, surpris, fit signe à Soir de sasseoir à coté de lui. Soir reprit :
- « Tout à lheure, en revenant dun entraînement dans les bois, je suis tombé face à face avec le familier jaune du mage Elmonchan. Difficile dinterpréter les émotions de cette boule de poils, mais quand il a fait demi-tour et sest enfoncé dans le bois, jai eu la curieuse impression quil me fuyait. Jai ressenti une intense curiosité. Je me suis rendu quasi-invisible et je lai suivi.
Il a rejoins le magicien dans le pré, derrière le château. Là, le Duc sentraînait avec Defers. Narfarielle était là aussi. Déçu, je mapprêtais à faire demi-tour, quand des mots attirèrent mon attention.
Je vais te résumer ce que jai entendu. Ils parlaient de toi. Ils disaient quil valait vraiment mieux que tu crois que lâme dArthur avait choisi de son plein gré dentrer dans la Pierre.
- Quoi ? Quest-ce que cela veux dire ? Arthur na pas choisi dentrer dans la Pierre ? On ly a forcé ? »
Mac sétait levé, indigné et incrédule.
- « Oui, si jai bien compris cest le cas. Cette Pierre est liée à Albion, Arthur, lié à la Pierre, est désormais lié à Albion pour léternité. Cest une âme exceptionnelle, et désormais il sert de lien entre lénergie céleste et Albion. Que cela lui plaise ou non, à travers la Pierre, il est devenu une arme, une réserve dénergie qui va permettre à Albion décraser ses adversaires. Elmonchan et les autres pensent que la fin justifie les moyens.. mais ont peur que tu sois dun avis contraire
Jai même entendu où ils comptent déplacer la Pierre, pour quelle soit plus au secret.»
Mac marchait de long en large
il sarrêta, frappé par une idée.
- « Mais toi, Soir ! Tu me racontes tout cela
Jaurais pensé que tu ne me dirais rien
que pour toi aussi la fin justifie les moyens !
- Ah et zut ! Tu as mauvaise influence sur moi, Mac ! Depuis que je te connais jai tendance à me remettre en question
enfin, bref, je ne suis pas sûr de ce qui est bien ou mal, ici.
- Moi non plus. Albion doit gagner ! Et la guerre finir
Pourtant
mon être se révolte à lidée dimposer ce sacrifice au Roy Arthur. Que doit-on sacrifier pour gagner
notre âme ?
- En loccurrence il sagit de celle dArthur.
- Ah Soir
Je veux faire ce qui me semble juste. Mais je ne suis pas sûr de moi. »
Mac reprit sa marche nerveuse, de long en large.
- « Tu sais, Soir, je connais un peu ton passé, et je sais pourquoi tu es prudent dans ce que tu décides. »
Mac ne remarqua pas la soudaine raideur de Soir à lévocation de son passé, ni sa tristesse.
- « Enfant, jai perdu toute ma famille, frères, surs et parents. »
Soir regarda Mac, étonné, et dit « Je croyais que Diandra était ta sur »
- « Elle lest. Nous avons été recueillis et élevés par le même moine, pour moi cest ma sur. Mais mes frères et surs de sang, ainsi que mes parents, sont morts quand jétais très jeune. »
Soir poussa un soupir.
- « Jai souvent entendu cette histoire. Tu as perdu tes parents, tu veux les venger. »
Mac jeta un regard à Soir.
- « Non, pas du tout. Je ne veux pas venger mes parents, ils sont morts de maladie. Ma famille habitait un tout petit village dans les Highlands. Un matin, ma grande sur, Yaelle, me réveilla. Elle me dit de fuir, de courir vers le village dà coté, déchapper à la mort !
Elle était en sueur, pâle. Dans la maison, père, mère et mes frères et surs ne bougeaient plus, ne voulaient plus se réveiller. Le jour précédent, le chef avait amené au village une magnifique pierre noire, tombée du ciel. Une vraie malédiction, car presque tout le village est aussitôt tombé malade. Il semblait que moi seul, de tout le village, ne fut pas affecté, je ne sais pourquoi.
En tout cas, le matin venu, ma sur mordonna de partir, elle-même trop faible pour maccompagner. Javais cinq ans, jétais terrorisé. Je ne voulais pas partir. Elle ma crié dessus pour que je menfuis. »
Mac ne marchait plus, parlait tout bas, les yeux dans le vague, comme sil était redevenu cet enfant de cinq ans.
- « En sortant de la maison, en pleurs, jai vu le chef du village. Il rampait par terre, la pierre noire contre sa poitrine. Il essayait de la sortir du village mais il sarrêta de bouger, sans vie
Je me suis arrêté aussi. Je fixais, hypnotisé, cette pierre noire. Je savais que cétait elle qui tuait le village. Dans mon esprit jentendais sans cesse les cris de ma sur mordonnant de fuir. Mais je sentais que ce ne serait pas juste
Ce quil était juste de faire cétait de prendre cette pierre, de la sortir du village, peut-être quainsi ma famille et le chef se remettraient à bouger ! Il fallait que je fasse disparaître cette pierre !
Jai fait ce que je pensais juste. Jai pris la pierre des mains sans force du chef. Elle était lourde. Je lai portée vers le Trou aux Esprits de lEau, un trou sans fond dans la montagne, pour ly jeter et quelle y disparaisse à jamais. Plus j
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