Ce sont des femmes magnifiques, mais minuscules, très minuscules, de la taille d'un point sur ce i. Elles passent toutes leurs journées entières à courir autour des billes des stylos. Leurs corps sont généralement couverts d'une peau de couleur bleue. À cause de leur forte activité physique, elles transpirent énormément, et cette couleur bleue est visible dans leur transpiration. Les gouttes de sueur bleues dégoulinent sur leurs corps nus et tombent sur les billes sur lesquelles elles courent. Il ne manque plus qu'à une main avide d'inspiration de faire rouler l'une de ces billes sur du papier pour laisser une trace bleue de sueur de fée.
Mais toutes ces fées n'ont pas leurs peaux bleues, certaines, celles qui sont énervés ou furieuses, l'ont rouge, d'autre, plus naturelles, l'ont verte, et enfin les autres, celles qui sont tristes et renfermées, l'ont noir. Certaines de ces fées sont très timides, leurs transpirations peuvent s'effacer même sèche sur la feuille pour les fées bleues, et pour les fées noires, ça part lorsqu'on gratte la feuille avec une gomme. Il y a aussi les coquettes qui se parfument; leurs transpirations sèches sentent toujours les délicats parfums qu'elles ont mis avant de courir.
Ces fées ont une particularité, c'est qu'elles peuvent se rassembler pour ne former qu'un. La fée résultante possède les caractéristiques des deux fées qui la compose. Ainsi de nouvelles fées aux couleurs et aux parfums différents ont vu le jour.
Il peut arriver qu'une fée tombe de la bille et se retrouve sur la feuille. Le meilleur moyen pour la récupérer c'est de faire rouler la bille très rapidement à proximité de la fée pour qu'elle remonte sur celle-ci, mais, même sur la feuille, la fée ne s'arrête pas de courir, et, à cause de sa petite taille, on ne peut savoir exactement ou elle se trouve, alors il faut chercher sur la feuille en faisant rouler la bille sur toute la feuille. Il faut chercher ... chercher ... et si on ne trouve pas, alors on ne peut qu'arrêter d'écrire.
Mélodiaphile (http://www.ecrivez.fr.st)