Allez
hop ! Un petit coup à gauche, là
bien
Une légère pression sur le côté, voila
et maintenant très délicatement on crochète le loquet et le tour est joué. Clac !
Il ny a vraiment pas à dire, mais je suis un vrai pro pour forcer les caisses. Las des as. Mais ne vous y méprenez pas ! Ah non ! Le vol, ce nest pas ma tasse de thé. Je suis juste doué pour ça, cest tout. Non, non
moi mon dada, ah
ah
sans faire de mauvais jeux de mots, cest plutôt le viol. Eh Ouais
Personne nest parfait ! Jen connais bien qui collectionne les timbres, dautres les pièces de monnaie ou les montres ! Alors dites moi pourquoi on ne pourrait pas faire la collection des viols ?
Daccord
Je vous vois venir
Encore un jobard que vous vous dites, un schizophrène échappé de lasile, un psychopathe traumatisé parce que sa mère lhabillait en fille quand il avait 5 ans où je ne sais quoi ? Ben quoi ! Quest-ce que vous voulez que je vous réponde ? Que je suis un honnête citoyen qui paye ses impôts, que je suis outré par la famine dans le monde où que je vote écolo. Allez
les gars. On a tous un petit quelque chose de pervers que lon cache en soi. Cest comme ça, cest dans la nature humaine, on y peut rien. Niez, niez
mais moi je le sais : le vice est en nous ! Vous autres - soi disant sains desprit - avez peur de vos pulsions. Vous savez pourquoi ? Elles vous dégoûtent car elles vous montrent ce que vous êtes en réalité. Moi, elles ne meffraient pas, non, bien au contraire
Je leur fais face, les affrontent pour puiser leur force, leur essence. Elles me rendent plus fort, mélèvent vers un autre être. Je pompe en elles le fluide de lexistence, accède au Nirvana. Bah
de toute façon, à quoi bon vous expliquez tout ça, vous ne comprendrez pas de toute manière.
Bon, trêves de bavardages inutiles, venons en à nos moutons
où plutôt à nos brebis. Vous vous demandez sûrement quest-ce que je fous à essayer de chouraver une bagnole à minuit moins le quart dans ce parking alors que je suis le roi du viol ? Je vous répondrai que ça fait partie du cérémonial ; je vous explique. Moi, ma spécialité, ce sont les auto-stoppeuses, seulement les auto-stoppeuses. Pourquoi ? Ben
je sais pas moi, vous en avez de bonnes, vous. Cela doit être un fantasme lié à un comportement sexuel régressif qui se matérialise sous la forme dégradée dune perversion rétroactive liée à labandon dun enfant par sa mère. Ouais
je sais, cest compliqué
Le docteur Grant a essayé de mexpliquer ça des centaines de fois lorsque jétais à la clinique de Hillvalley. Cétait un vrai foutoir là bas, peuplé de vrais barjots ! Je me suis toujours demandé pourquoi ils mavaient interner ? Je me souviens que le Doc me faisait allonger sur son divan tout en cuir noir. A chaque séance, il me demandait de débiter tout ce qui me passait à lesprit. Et ils appellent ça de la psychanalyse! Ah les Imbéciles ! Les psys sont tous des barges qui se planquent derrière les fantasmes des autres pour assouvir les leurs. Ca a duré des mois, puis comme je voyais que je ne men sortais pas, jai commencé à faire lagneau. Vous voyez ce que je veux dire
Jacquiesçai à toutes leurs conneries, je faisais mon « mea culpa » avec mon « moi intérieur » comme quils disaient ces abrutis. Eh Hop six mois plus tard, jétais dehors, libre comme lair ! On se demande bien qui cest le vrai psychologue au bout du compte, ah
ah
Allez
, je continue. Jétais en train de vous dire que la caisse volée, ça fait partie dun cérémonial. Ben Ouais, cest un peu comme loutil du forgeron, le prolongement de mon bras en quelque sorte. Faut bien attirer sa proie dans ses filets ! Et quoi de plus nécessaire quune belle auto pour appâter linnocente victime. La fille qui fait du stop, elle se croit en sécurité dans un belle voiture familiale. Ah Oui, règle primordiale ! Toujours choisir une berline familiale, ça les rassure. Elles pensent quelles ont affaire à un gentil père de famille qui comprenant leur détresse, accepte de soulager leurs petits pieds pendant un bout de chemin. Ah, les naïves petites chattes. Allez
Hop, le fil rouge sur le fil noir et Brrrrvrouhhhh
.On démarre ! Parfait ! On sort du parking, tout doucement histoire de ne pas éveiller les soupçons dun gardien un peu trop zélé. Parfait
ni vu ni connu, direction la route 49. On suit le périphérique sud pendant un bon quart dheure puis on prend à droite comme pour se rendre à New Angeles. Voila, on y est !
La route 49
, le paradis des pervers en tout genre. Imaginez 200 kilomètres sans arrêts hormis une petite station de service prés de Brighton. La route 49
où a part deux ou trois repaires à putes -rendez-vous bien connus des routiers- on rencontre dégun. Jai tant de souvenir sur cette route que jen ai presque les larmes aux yeux. Ma première fille, ce fut ici, Elle sappelait Laurie et je men souviens comme si cétait hier, la vraie peur du débutant. Cétait au mois de juin de lannée 1997. Pour loccasion, javais piqué une Ford Mustang bien nerveuse dans un garage sur Howard Street (le péché de linnocence, que voulez vous
) et je filais à 180 Km à lheure sur la route, ivre de vitesse le vent me soufflant au visage. Jaime ce rapport presque charnel avec la nuit et les éléments, jaime ce sentiment de liberté qui vous fait oublier tout les tracas de la vie quotidienne. On se sent un homme plus fort, intouchable en ces moments dextase. Jabordais les contre forts de la colline de Riverside lorsque japerçus au loin, postée sur le bas côté, le pousse levé, une jeune fille qui me semble surgit de nulle part. Intérieurement je me dis que cest un signe du destin, pas de doute. Ladrénaline me grimpe furieusement à men rompre les tympans. Alors tout séclaire en moi. Quelquun a mis cette fille sur ma route, que je me dis, le hasard ne peut pas tout expliquer. Vous savez, ce fut un peu comme un premier baptême, mon premier saut en parachute en quelque sorte. Guidé par mon instinct, jécrase le frein de la mustang, me range sur la chaussée et me mets au point mort, à quelques mètres de lauto-stoppeuse. De mon rétro, je la vois soulevé avec peine un gros sac de voyage puis se dirigeait en trottinant vers la voiture. Arrivée à hauteur de la fenêtre passager elle se penche et me dévisage.
─ Vous allez dans quelle direction ma petite ? que je lui dis, anticipant la moindre crainte de sa part.
─ Je pars camper sur Crystal Park. Cela se trouve à une centaine de kilomètres en direction de New Angeles, quelle me dit dune petite voix juvénile.
─ Je trace justement sur New Angeles, je rétorque confiant. Montez
je vous déposerais en route, cela vous fera toujours ça de gagner !
Elle me regarde pendant un long moment, le sac sur lépaule. Elle est rousse, les yeux très bleus en amandes, vêtue dun tee-shirt bordeaux, dun gilet de flanelle et dun petit short en jean bien moulant. Je sens quelle cherche à sonder mes intentions et je fais tout mon possible pour réfréner mon désir et lui monter un visage amical. Finalement elle accepte mon invitation dun petit hochement de tête et lance son sac à larrière de la mustang. Dés quelle pose le pied dans la caisse, je sais à ce moment là que la partie est gagnée. Je me calme et respire à grande bouffée dair pur avant de remettre le contact et de regagner la route. Attirer sa proie est le plus difficile, vous savez
Le reste nest que synchronisation de gestes. Javoue quà cette époque jétais novice en la matière doù un certain stress ; un peu comme le comédien qui entre en scène pour la première fois on pourrait dire. Mais à force de pratique, on devient plus confiant, plus posé. On obéit à une méthode, on acquiert un savoir faire. Avec le temps, je suis devenu un vrai professionnel. Pas né le roussin qui pourra me mettre le collet autour du cou. Je suis bien trop malin .Les pièges ? Les coups qui tournent mal ? Sûr que ça existe mais cest pas pour moi. La réussite est dans la technique, la maîtrise de soi. Ceux qui se font chopper sont des déséquilibrés qui pensent avec leur queue plus quavec leur tête. Cest un métier vous savez ...
Tout le reste sest passé très vite, comme programmé sur du papier à musique. Je me souviens bien de la fille, de son visage juvénile et de son sourire agréable. Un bon feeling, vraiment ! Après quelques minutes de conversation jappris quelle était étudiante en sociologie à luniversité dArkham. Ses examens achevés, elle devait rejoindre sa meilleure amie au camping pour passer lété au bord de la rivière. Jétais rassuré à lidée quelle voyageait seule ; cela faciliterait ma tâche de savoir que personne ne viendrait la chercher dans le coin. Nous croisâmes peu de monde sur la route ce qui confortait mon plan. Plus le temps passait, plus montait en moi un désir insatiable de posséder la fille. Il me fallait maintenant trouver un coin tranquille pour marrêter et des coins tranquilles sur cette route ce ne sont pas ce qui manque ! Comment jallais la jouer ? Le coup de la panne, la feinte de la crevaison, la pause pipi ? Je réfléchissais toujours quand devant moi sembrasai le miracle de la bonne fortune. Nous venions de croiser une pancarte indiquant le parc naturel de Wanchope à moins de 10 kilomètres. Quoi de meilleur pour simuler un arrêt, me dis-je intérieurement. Je connais ce parc comme ma poche ; jy venais souvent avec mon père étant enfant pour pêcher la truite. Un coin idyllique et paisible
Bref un endroit parfait où personne ne nous embêtera. Quelques milliers de mètres plus tard, je prends le chemin de la forêt. A partir de ce moment, jétais rentré en phase combat. Mon cerveau se conditionna à être sourd à toutes choses extérieures pour souvrir vers mon but ultime. Toutes les pulsions enfouies au plus profond de mon être ressurgirent dun coup. Jétais comme un dieu, planant entre lextase et la béatitude. Jallais crucifier ma chair aux plaisirs de la jouissance. Jentends encore la voix de Laurie me demandait pourquoi cette direction, jentends encore Laurie essayait douvrir la portière pour sauter de la voiture, jentends encore ses cris, ses pleurs puis enfin ses supplications. Je ne peux expliquer ce qui se passa ensuite, les mots ne suffisent plus à expliquer lapothéose de mon état subliminal. Des bribes de souvenirs persistent à planer dans mon esprit : je me revois arrêter la voiture dans un bois proche de la cascade de Wanchope. Les réminiscences de mon souvenir me remontrent cet endroit charmant proche des forêts légendaires qui fleurissent dans les contes pour enfants. Je me vois ramasser cette grosse pierre et labattre sur le crâne de Laurie. Ah
.Laurie, la douceur de ton corps sest imprégnée dans mes naseaux en des relents de bonheur. Tout fut merveilleux dans lantre de tes cuisses qui accueillirent ma semence divine...Quelques minutes plus tard, la jeune enfant sombra dabord dans une semi inconscience avant de tomber dans lévanouissement total. Ainsi elle ne soufra pas lorsque je létranglais avec une cordelette et mis fin à son existence.
Oui, elle sappelait Laurie et elle eut lhonneur dêtre la première. Je sentais encore les affres du plaisir lorsque je me débarrassais delle dans les gorges profondes de la cascade de Wanchope. La police la retrouva deux semaines plus tard flottant en amont du fleuve. La vie nest pas toujours un long fleuve tranquille, ah ah ah
Aujourdhui jen suis à ma douzième auto-stoppeuse et je compte bien poursuivre mon hobby le plus longtemps possible. Tiens, Je me demande à quoi ressemblera la fille de ce soir? Jespère quelle sera blonde cette fois-ci. Les deux dernières étaient brunes et jaime le changement. Eh oui
je roule sur la route 49 vers lEldorado de la délectation des corps.
Rien ne peut marrêter, rien ne peut entraver ma destinée .Rien ne peut
Ah
mais bon sang ! Quest-ce qui se passe, il me semble ralentir
Ce nest pas possible, non, non pas la panne
pas ce soir. Le capot fume maintenant. Cest bien ma chance ! Saloperie de voiture Japonaise ! Je le savais, je le savais que jaurais du voler la Ford. Voila à quoi vous conduit lenvie dexotisme ! Ne faire confiance quaux voitures américaines à partir de ce jour, voila une règle en or pour le futur. Ben voila, tout tombe à leau désormais et je suis bon pour rentrer à pattes. Tout est fichu et il me Faudra fêter la treizième à un autre soir. Bon, faut pas que je traîne plus longtemps dans le secteur, on ne sait jamais. Je vais pousser lengin derrière ce talus puis effacer précautionneusement toutes les traces de mon passage. Personne ne la remarquera avant demain, le temps de pouvoir rentrer en toute sécurité. Allez, on essuie les empreintes partout, le volant, les sièges, les portières
Il me faut maintenant faire le point sur la situation. Je dois être environ à une vingtaine de kilomètres de Véga. Je vais regagner la route et attendre de croiser quelquun. Quelle ironie ! Me voila bon pour faire du stop à mon tour ! Ah, putain de jaunes qui construisent des épaves. Cela mapprendra à ne pas choisir des
.et mais ce sont des phares de camions au loin sur la route. Ah, au moins jai de la chance dans mon infortune. Je ne serais pas rester en rade bien longtemps. Cest un camion de routier. Je vais larrêter, il me laissera à la prochaine ville. Alors je prendrais un taxi pour me conduire chez moi. Je vais lui faire un petit signe
Cest bon il ma fait des appels de phares. Il ma vu.
─ Bonsoir, monsieur cest une chance que vous passiez par là. Ma voiture est tombée en rade à quelques kilomètres dici. Ah, vous allez à Véga ! Parfait, je monte ! On peut dire ce quon veut mes amis mais les routiers sont sympas
.
***
Céléphaïs Tribute 13 mars 2003
Par notre correspondant à New-Angeles,
« Le routier fou frappe à nouveau »
Dans la nuit du 12 au 13 mars, le corps de Denis Vice, 34 ans, a été retrouvé sur la chaussée de la route 49 par un des gardes forestiers du parc de Wanchope. Le meurtre serait le quatrième perpétré en 5 semaines de celui que la police appelle désormais « Le routier fou ». Lhomme aurait été violé avant de subir de multiples mutilations sur le visage et sur tout le corps. Seul indice ; le désormais célèbre autocollant « Les routiers sont sympas » retrouvé sur le front de la victime qui témoigne de lidentité du criminel. Ironie du sort, Denis vice était connu des autorités pour de nombreuses agressions sexuelles et avait même séjourné dans la clinique psychiatrique de Hillvalley. Le tueur cours toujours et lenquête se poursuit