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Eux



Il s’arréta, épuisé. Il n’aimait pas vraiment son travail. En fait, ça l’indifférait.
Il commençait pourtant à avoir de l’expérience, et il l’accomplissait toujours très bien, sans faute. Il était rapide et efficace.
Mais ce qu’il aimait par dessus tout, c’était s’arreter. S’asseoir 5 petites minutes, suspendues dans le temps, et observer. Observer la petite planète, située dans le système solaire, entre Vénus et Mars. La petite planète bleue, dont l’atmosphère, constituée d’azote et d’oxygène, permettait une vie abondante.
La Vie.
En tant que tel, il ne se considérait pas comme un être vivant, mais comme une partie de l’univers, né avec lui, et qui mourra avec lui.
Mais Eux, là en bas, Eux, avec leur corps de chair et d’eau, êtres de carbone, ils étaient si éphémères, si faibles.. et pourtant capables de tant de choses.
Il aimait beaucoup les Premiers Venus, plantés dans la terre comme une étoile dans la voûte céleste.
Ils étaient là les premiers, bien avant qu’ Ils n’arrivent.  Ils pouvaient être dangereux ou complétement inoffensifs, minuscules ou gigantesques, visibles ou invisibles, mais tous étaient magnifiques. Les grandioses paysage terrestres l’aurait fait rêver, si il en était capable.
Et puis il y avait les Seconds.
Ils n’avaient pas tardé à arriver, et ils l’amusaient. Ils couraient, volaient, nageaient, qu’ils soient a poils, à plume, à écailles, ou même tout nus. Il rirait, si il le pouvait, de les voir jouer, il tremblerait de les voir chasser, s’étonnerait de leur étranges ébats sexuels. Il avait beau faire des efforts d’imagination, il ne voyait toujours pas ce qui pourrait y avoir de si intéressant à cela.
Bref, ils le faisaient sourir.
Et puis Ils vinrent.
Il ne sait pas comment cela s’est passé, quand à eu lieu ce changement, cette transformation, cette « cassure », comme il l’appelait. Un grimpeur, un jours se mit à réfléchir, à imaginer, à rêver. Pourquoi, comment… Il n’en savait rien. Et puis Ils se sont multipliés, développés, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. En peu de temps, Ils s’étendirent sur toute la planète. Il colonisèrent, voyagèrent et s’établissèrent toujours loin. Ils créérent des maisons, des villages, des villes, des cités, des pays, des nations, des royaumes, des empires…
Il avait suivi avec une curiosité mélée de crainte cette incroyable expansion. Ils étaient venus les derniers ; aujourd’hui Ils contrôlaient la terre.
A leur égard, ses sentiments était mitigés : Ils était capable de choses si grandes, si magnifiques…
L’Amour.
Les Seconds avait commencé dans cette voie, mais Ils allèrent plus loin, bien plus loin… Cet Amour qui brûle, cet Amour qui enflamme, cet Amour qui fait vivre… Que ce soit entre une mère et son fils, un père et sa fille, entre frères, entre deux amoureux, entre un homme et une femmes…
Il trouvait cela indescriptible.
Mais, avec l’amour, vint une autre chose.
La Haine.
De toutes les choses horribles dont Ils était capable, de toutes les choses qui le répugnait et l’attristait _ et pourtant il y en avait : la jalousie, l’avarice, la stupidité, l’égoisme, le sadisme, le mépris ou encore l’intolérance… _ la Haine était le pire. Car elle entrainait le pire fléau de cette planète :  la Violence.
Avec horreur, il vit défiler devant lui les guerres de toutes sortes : les invasions antiques, les guerres de religion, la guerre de cent ans, les révolutions, les guerres Napoleoniennes, la guerre de cessession, la première guerre mondiale, la seconde guerre mondiale, les guerres d’indépendances, la guerre du golfe…
Toutes ces batailles, tout ces massacres, tout ces attentats, tout ces crimes… Il était horrifié, il aurait voulu hurler « Vous êtes fou ? Arrêtez, je vous en prie ! ». Mais c’était peine perdu. Ils continuaient sous ses yeux à tuer, à piller, à massacrer toutes formes de vie. Alors il pleurait. Enfin il aurait pleuré si il avait pu faire cela.

Si ils continuaient, Ils finiraient par détruire leur monde, et par se détruire eux même…
Restait-il un espoir ? Peut-être. Cela dépend seulement d’Eux.

Un bruit l’arracha à son observation. Une explosion.
Il se leva et regarda plus attentivement, puis il poussa un soupir de tristesse. Une bombe venait de sauter en Russie, dans une banlieue de Moscou. 17 morts. Il pouvait déjà entendre le bruit de la sirène de l’ambulance.

Alors, il se leva, ramena son capuchon sur ses orbites vides et, lentement, il glissa sans bruit vers la terre, sa faux à la main, pour accomplir son éternelle besogne…


Guips (http://www.ecrivez.fr.st)


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