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cloisonné



Cloisonné dans le silence imposé et exigé par la personne qu’on aime le plus au monde, le ventre se resserre et l’esprit vacille dans l’ivresse de la tristesse. Incompréhension relative de ne pouvoir donner son amour, de le vivre, de s’en sentir entouré et protégé. Ce sentiment extrêmement rare me semble pourtant n’avoir qu’une seule destinée : celle d’être vécu. L’amour ne sert pas à être malheureux ; pourtant, j’en souffre et tout mon corps se tortille de douleurs.
Ahuri, planté sur le fauteuil du balcon ou allongé sur le canapé, je n’arrive pas à comprendre où les choses se limitent. Jusqu’où peut bien se situer le rêve et où commence la réalité…
Ai-je rêvé qu’un petit bout de femme merveilleuse me porte dans son cœur comme elle n’avait jamais porté auparavant ? Ou bien suis-je en train de cauchemarder que tout ceci n’était que virtuel, que la réalité n’était qu’un jeu de défi qui, une fois relevé, me jette comme un accessoire désormais inutile et sans valeur ? L’incompréhension me traîne sur cette espèce de manège qui ne veut plus s’arrêter de tourner. Je voudrai tant accéder au grand secret, il me semble intouchable. La vérité la plus lucide me paraît être que je rêve depuis plus d’un an maintenant. L’illusion était vraiment belle, mais la chute est tellement douloureuse que j’aurai préféré vivre bien éveillé… ça me rappelle les films « the game » et « the Truman show »…
Suis-je dans une vie réelle ou suis-je tout bêtement acteur que l’on dirige où l’on veut à mon insu ? J’ai peur, tellement peur qu’elle n’ai fait que me tromper depuis le début et que tout son amour n’ai été qu’un jeu… une partie de mon cerveau empêche cette certitude de s’installer. Trop borné, il ne peut comprendre et accepter que cette femme, dont il est éperdument amoureux, le considère comme l’homme de sa vie et qu’elle ne pourrait supporter de vivre sans lui, puis, qu’elle l’abandonne la semaine suivante…
« Pourtant mon petit cerveau, les faits sont cependant devant tes yeux ! Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les évidences. Tu es aveugle, mais je vais t’aider à recouvrer la vue. C’était un mensonge ! Essayes de l’accepter puisque tu ne pourras pas le nier bien longtemps. Elle te dit qu’il lui serrait impossible de vivre sans l’homme de sa vie… mais elle le fait ! Maintenant vas-tu enfin te réveiller et arrêter de refuser les indéniables réalités !! C’était un mensonge et tu en a la preuve irréfutable devant les yeux et devant le cœur que tu diriges. Mon petit cerveau, je sais que tu as mal, mais cesse de te mentir ; essayes d’oublier cette manipulation et que l’on s’est moqué de toi et de ton amour ; parce que toi, tu n’as pas fais semblant d’aimer. Tu t’y es jeté à corps perdu alors que tu t’y refusais avant elle. Tu n’as jamais joué, tu n’avais jamais aimé aussi fort, avec autant de passion de toute ta vie ; tu en es même devenu un autre, méconnaissable de tes proches. Tu as tout donné sans retenue et sans te méfier… mais non, tu n’as pas été un imbécile… on a abusé de toi et tu n’y pouvais rien ! Te rends-tu compte ?! Tu en a même oublié ton premier amour ! Tu t’es donné à 100%, tu étais même prêt, sans hésitations possibles à y consacrer ta vie et de lui offrir… Tu sais mon petit cerveau, il y a sûrement beaucoup d’autres mensonges comme celui-ci qui t’on été infligés, mais je te défend d’y songer. Tu t’y ferai beaucoup trop de mal, cela ne sert à rien. Tu en as un devant les yeux qui me semble hautement suffisant et qui t’es clairement exposé devant ton regard perdu. Alors contentes-toi de celui-ci pour oublier… Tu n’étais pas l’homme de sa vie mon pauvre petit cerveau, il faut que tu t’en persuades. Et même si ses mots résonnent encore dans la tête, refuses-les et jette-les. » « Mon amour, ce ne peut être que toi et personne d’autre, je le sais ! », « TAIS-TOI te dis-je !!Ce n’étais pas vrai ! », « C’est toi l’homme de ma vie, je veux que ce soit toi le papa de mes enfants… tu ne pourras jamais te débarrasser de moi, je m’accrocherai ! », « TAIS-TOI petit cerveau ! Tais-toi, je t’en supplie !! Tu me fais mal à t’écouter… je voudrai te protéger… pourrai-je un jour te guérir ? », « Je t’en supplie mon minou, restes ! Restes ! Je ne veux pas lire ta lettre, je veux toi… rien que toi mon minou à moi… », « ARRETES !!! S’il te plait arrêtes… remarque, je peut comprendre que tu ai besoin d’entendre ça une dernière fois… vas-y pleure un bon coup, évacue tous ces mensonges part tes larmes s’il t’en reste encore, pleure mon ami le petit cerveau, je te prête nos yeux, vas-y… vas-y. », « Je ne pourrai jamais assez m’excuser, je t’aime pourtant si fort… je ne sais pas pourquoi j’ai le vice dans la peau… », « il va falloir que tu arrêtes maintenant, il ne va plus rester assez d’eau salée après. Il te faut en garder encore un peu pour supporter ton silence maintenant… le silence pour ne pas rester dans le mensonge… le silence pour oublier tout ceci et pour ne pas en être victime de plus encore. », « Mon petit cœur à moi. J’aurai aimé plus de temps, plus de réflexions pour fêter dignement et avec tout l’amour que tu mérites cette journée. Je te souhaites néanmoins un très heureux anniversaire. Que ce nouvel âge te soit favorable en amour, en travail et en joies de toute sorte. Je désire contribuer à faire de tes 28 ans l’une de tes plus belles années…un peu de patience… je t’aime. Ta douce petite femme… », « Tu vois bien qu’il n’y a que des mensonges mon petit cerveau ! Ta 28ème année va certainement être la plus douloureuse et c’est à ça qu’elle aura contribué… certainement pas à t’entourer de l’amour qu’elle prétendait extrêmement puissant… te voici encore une preuve irréfutable de ce que j‘essaye de te faire comprendre. Crois-moi s’il te plait. Tu peux me faire confiance car je suis ton ami ; le seul sur qui tu pourras toujours compter. Et sais-tu pourquoi ? Parce que je suis ton siamois. Je suis l’autre partie de toi. C’est pourquoi je ne pourrai jamais te trahir moi, je serai toujours là pour toi. Saches-le et prends-en conscience définitivement.
Allé ! Vas-y, pleure mon petit cerveau, pleure de toute tes forces ; évacue tout ça de ta mémoire, je vais t’aider, compte sur moi. », « Oui, je veux essayer de te croire… mais je l’aime tant tu sais… je l’a désirais pour toute ma vie… j’ai l’impression que l’on m’a ôter une moitié de moi… je me sens si diminué, j’ai si peur tout seul alors que dans ces bras je ne craignais rien… que vais-je devenir ? Que vais-je devenir ? », « Ne craint rien, puisque je te dis que tout ça n’a pas réellement existé… je vais t’aider ne craint rien. Tu sais, c’est moi qui ai effacé tes 10 premières années de ta vie… et oui, j’ai opéré une à une chaque petites cellules pour les rendre lisses et vierges. Ne m’en veux pas s’il te plait, ce que j’ai enlevé n’était pas beau et j’ai fais ça pour ton bien, j’ai fais ça pour toi. Je peux recommencer tu sais. Si tu me laisses faire avec confiance, je pourrai lessiver tout ça aussi. Tu es la partie du "nous" la plus fragile et on a pas arrêter de te faire croire des choses pour te faire mal. Tu as beaucoup soufferts mais désormais c’est terminé, je vais être très vigilant et je vais te protéger. Pleures mon petit cerveau puisque je te prête nos yeux ; et, quand tu t’assécheras, je te bercerai pour que tu t’endormes un peu et, pendant ton sommeil, je commencerai le grand lessivage. Dors mon petit cerveau. Oui je sais que tu l’aimais si fort. Dors mon ami. Je le sais que tu voulais lui offrir ta vie. Dors mon ami, puisque je te dis qu’elle n’étais pas réelle… je sais que tu l’acceptes maintenant. Dors, je viens m’occuper de toi.

30/06/03 (19H30)

bloodflowers (http://www.ecrivez.fr.st)


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1 commentaire sur ce texte :


  • papillon (http://www.ecrivez.fr.st) le 2003-07-01 21:14:52 :
    Ton texte est vraiment très émouvant, très beau et terriblement triste.
    En espérant que ton cerveau ce réconcilie avec ton coeur, je te souhaite de continuer à ecrire avec autant d'authenticité.